Frise historique : un autre regard

De la préhistoire à nos jours, la Nouvelle-Calédonie est riche d’histoires et d’enseignements. Présence Kanak est parti à la recherche de ces histoires qui font la grande Histoire. Nous proposons une frise historique non exhaustive et faisons ressortir certaines dates souvent oubliées mais qui ont pourtant fortement influencé l’histoire kanako-calédonienne.

« Les vainqueurs sont ceux qui écrivent l’Histoire. C’est celle-là qui est rédigée dans nos livres d’école, pas la vraie Histoire telle qu’elle s’est déroulée, mais une Histoire qui caresse le camp des gagnants. L’Histoire a cessé, depuis longtemps d’être la somme des humanités aujourd’hui elle n’appartient qu’à une poignée d’individus. » [Maxime Chattam, Les arcanes du chaos]

Avant J.C

Il y a 160 millions d’années le Gondwana se morcelle. Au début du Cénozoïque, le bloc Australien et la Nouvelle-Guinée se séparent graduellement en se dirigeant vers le Nord tout en pivotant sur lui-même et ainsi reste connecté au Gondwana pour une longue période.

La Nouvelle-Calédonie se sépare de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande durant la dislocation du supercontinent, de l’Australie à la fin du Crétacé (il y a 65 millions d’années) et de la Nouvelle-Zélande au milieu du Miocène.

Durant la glaciation de Würm à la fin du Quaternaire, l’ensemble de l’île formait une île unique, la barrière de corail témoignant de l’emplacement de ses côtes.

1500 av. J.-C.

Traces les plus anciennes de peuplement de l’archipel, les lapitas, arrivant du Vanuatu, apparaissent aujourd’hui comme les premiers habitants de la Nouvelle Calédonie. Ils sont d’origines austronésiennes et s’installent sur les côtes de l’île et sur l’archipel.

Civilisation ancienne d’Océanie établie dans le Pacifique ouest aux premier et second millénaires avant notre ère, elle semble être apparue sur les îles Bismarck, au nord-est de la Nouvelle-Guinée, et s’est ensuite répandue sur environ 3 000 km d’extension. Plusieurs centaines de sites archéologiques Lapita ont été retrouvés dans une aire allant de la Nouvelle-Guinée jusqu’aux îles Samoa : archipel Bismarck, îles Salomon, Vanuatu, Nouvelle-Calédonie, Fidji, Tonga, Samoa, Wallis et Futuna.

Les Kanaks sont arrivés en Nouvelle-Calédonie il y a environ 3 200 ou 3 000 ans, dans le mouvement d’expansion humaine ayant peuplé sur de grandes pirogues à voile l’immensité du Pacifique insulaire depuis les îles orientales de la Nouvelle-Guinée. Ils se sont installés en maîtrisant la poterie, la sculpture, et une agriculture sophistiquée (igname, taro, canne à sucre, etc.), et ont développé un système de tarodières (champs de taros) irriguées en terrasses et de billons (ou buttes) où sont plantées les ignames.

Organisés autour d’unités politiques ou « chefferies » de taille variable, les Kanaks avaient tissé avant la colonisation des relations avec d’autres archipels (le Vanuatu, Samoa, Wallis-et-Futuna, etc.) – Michel Naepels

18ème siècle

1774

James Cook « découvre » l’archipel et le nomme Nouvelle-Calédonie, en hommage à son Ecosse natale, lorsqu’il en repartira.

« […] A huit heures, alors que nous gouvernions vers le Sud, une terre fut découverte, située au Sud-Ouest (202°30′) […] Nous ne pouvions dire s’il s’agissait d’une terre continue ou d’un groupe d’îles »

A partir de 1793

Les baleiniers américains, anglais et français occupent les eaux océaniennes, exploitation du bois de santal pour le commerce avec la Chine.

« Nous fûmes reçus avec une grande courtoisie et avec la surprise naturelle de la part de gens qui voient des hommes et des choses aussi nouveaux pour eux que nous pouvions l’être »

19ème siècle

1827

L’explorateur français Dumont D’Urville cartographie pour la première fois les archipels des îles loyautés : Maré, Tiga, Lifou et Ouvéa.

1841

Installation des premiers missionnaires anglais puis français.

La France prend possession de la Grande Terre en 1844 en débarquant un évêque à Ballade au nord de l’île. Le catholicisme commence là son implantation

24 septembre 1853 : La France s’empare de la Nouvelle-Calédonie

Le contre-amiral Febvrier-Despointes prend officiellement possession de la Nouvelle-Calédonie afin « d’assurer à la France dans le Pacifique la position que réclament les intérêts de la marine militaire et commerciale » et d’y établir une colonie pénitentiaire.

1854

En juin 1854, le capitaine de vaisseau Louis-Marie François Tardy de Montravel fonde un poste militaire qu’il baptise Port-de-France, qui portera en 1866 le nom Kanak Nouméa.

La vraie signification du mot Nouméa est connue mais ne peut tout simplement pas être livrée. D’autres origines du mot Nouméa ont été rencontrées et il est intéressant de noter que cette quête des toponymes n’est pas réservée à un groupe linguistique précis. Pour certains, Nouméa serait une déformation de Wimiâ, clan de la région de Koné très lié aux clans de Païta. Pour d’autres, ce serait un nom donné par les gens de Pouébo – extrait « Les squats de Nouméa. Des occupations océaniennes spontanées à la conquête symbolique de la ville en Nouvelle-Calédonie » de Dorothée Dussy

1859

Arrivée du premier missionnaire à Ouvéa

Les missionnaires chrétiens, venus évangéliser cette partie du monde au xixe siècle imposent la robe mission aux femmes Kanak, qui deviendra un signe identitaire fort au 20ème siècle.

14 janvier 1860

La Nouvelle-Calédonie devient une colonie autonome.

1864

La Nouvelle-Calédonie devient une colonie pénitentiaire (criminels de droit commun, auteurs de délits, « déportés » de la Commune de Paris, déportés politiques algériens), des condamnés y sont envoyés jusqu’en 1897 mais le bagne reste en activité jusqu’en 1931. L’Etat français établit le bagne où 21 630 personnes seront envoyées jusqu’en 1897. 4 250 révolutionnaires de la Commune de Paris y seront envoyés.

Louise Michel sera la plus célèbre communard déportée en Nouvelle-Calédonie. C’est au cours de sa déportation qu’elle deviendra anarchiste. Elle créera le journal Petites Affiches de la Nouvelle-Calédonie et éditera Légendes et chansons de gestes canaques. Elle cherchera à instruire les autochtones kanaks et, contrairement à certains Communards qui s’associent à leur répression, elle prendra leur défense lors de leur révolte, en 1878..

Tout ici déracine l’être de lui-même ; le silence profond, la solitude où la pensée frappe de ses ailes les sommets tourmentés des montagnes ; tout cela vous emporte loin, bien loin de votre existence – Louise Michel.

Sylvestre Leconte, conseiller général et président de la commission municipale de Koné recevait le Gouverneur dans sa résidence. Il avait reçu du bagne un condamné pour s’occuper de son jardin. Ce condamné, jouant très bien du piano, animait les soirées lors des réceptions. Lors d’une de ces soirées, le Gouverneur arrive à la réception organisée en son honneur et salue les personnalités invitées pour l’occasion. Tout à coup, il se dirige droit vers le pianiste (le jardinier mis à disposition par l’administration pénitentiaire) et lui serre la main à la stupéfaction des invités et de Sylvestre Leconte. Celui-ci explique au Gouverneur que ce pianiste est un condamné du bagne. Le Gouverneur lui répond alors qu’il était honoré d’être reçu dans les salons de ce monsieur lorsqu’il était à Paris. Ce condamné était un grand banquier qui avait incendié son établissement pour dissimuler une faillite. Il avait été condamné au bagne à vie et n’avait jamais révélé sa véritable identité (Souvenir de Monsieur Michel Magnier sur le groupe facebook « Ma douce Calédonie d’antan »).

1874

L’exploitation du nickel, minerai découvert dix ans plus tôt par l’ingénieur Jules Garnier, débute près de Nouméa.

De 1892 à 1919, environ 5 500 travailleurs japonais ont été recrutés par des compagnies minières en Nouvelle-Calédonie. De 1896 jusqu’en 1949, près de 90 bateaux vont emmener 19 510 individus par vagues successives depuis l’Indonésie.

1878-1879

Grande révolte kanak contre les colonisateurs, menée par le chef Ataï. 200 Européens et 600 insurgés sont tués, des tribus rayées de la carte, 1.500 Kanaks contraints à l’exil.

Le colonel fut soigné à Fonwarhi par le docteur Duliscouet. Il mourut le lendemain, 4 juillet, à 2 heures du matin. Il avait quarante ans. On apprit plus tard que c’était le grand chef Ataï qui l’avait abattu avec sa dernière cartouche. A défaut d’une balle de plomb, Ataï s’était servi d’un bout de pied de marmite en fonte… La mort du colonel lui valut un monument au lieu même où il fut touché – extrait de L’insurrection des Néo-Calédoniens de 1878 de Apollinaire ANOVA-ATABA, premier écrivain Kanak.

1880

Création de la Société Le Nickel (SLN) et début de l’exploitation industrielle du nickel.

Profondément inscrit dans le paysage et ancré dans le cœur des Calédoniens, le nickel est beaucoup plus qu’un minerai. Quelques-unes des plus belles pages de l’histoire du pays ont été écrites sous son influence. À la sueur de leur front, les ouvriers ont arraché au sous-sol son précieux trésor et construit, en bord de mer et à flancs de montagnes, des villages aujourd’hui désertés. Des mineurs audacieux ont bâti des fortunes et assis les fondements d’une industrie qui fait la réputation mondiale du territoire. Originaires des quatre coins du monde ils ont, ensemble, édifié une société pluriculturelle – Extrait « Le Nickel en Nouvelle-Calédonie » d’Anne Pitoiset, édité par la Maison de la Nouvelle-Calédonie.

1883

Installation de l’administration coloniale française en Nouvelle-Calédonie et aux Îles Loyauté.

1887

Mise en place du Code de l’indigénat.

Le cantonnement des populations océaniennes dans les réserves est réglé par un code de l’indigénat. Les Kanaks qui ne sont pas citoyens, mais sujets français, sont soumis à des restrictions de circulation et ne peuvent quitter leur arrondissement sauf autorisation particulière. Ils n’ont pas accès au système judiciaire classique, mais relèvent de sanctions administratives. Ils ont interdiction de porter des armes, doivent acquitter un impôt de capitation – par individu, donc – et effectuer plusieurs jours de travaux forcés par an pour le compte des colons ou des autorités – Extrait entretien CNRS « Nouvelle-Calédonie : 165 ans d’une histoire mouvementée » avec l’anthropologue Michel Naepels.

A partir de 1894

L’Etat français se proclame propriétaire de la majorité des terres et en attribue aux colons. Les Kanaks sont cantonnés dans des réserves et progressivement dépossédés de leurs terres.

« Si j’avais à juger de l’origine de ce peuple, je le prendrais pour un mélange des gens de Tanna et de ceux des îles des Amis (Tonga) ou encore, des gens de Tanna et des Néo-Zélandais, voire des trois. Leur langage à quelques égards est un mélange des trois. Ils ressemblent, quant au tempérament, aux indigènes des îles des Amis, mais ils les surpassent en affabilité et en honnêteté » (James Cook)

« Malgré leurs dispositions pacifiques, ils doivent quelquefois être en guerre, car ils sont bien pourvus en armes offensives, tels que les casse-têtes, lances, piques et frondes pour lancer les pierres » (James Cook)

20ème siècle

1900

Lucien Bernheim, homme d’affaires d’origine alsacienne, ayant fait fortune dans les mines, fait un don de 100 000 francs pour la création d’une bibliothèque. Cette somme servie à rapatrier le pavillon de la Nouvelle-Calédonie de l’exposition universelle de Paris 1900.

1902

Arrivée de Maurice Leenhardt, missionnaire et ethnologue en Nouvelle-Calédonie et création de la mission de « Dö nèvâ » à Houaïlou. Il traduit le Nouveau Testament en langue houaïlou. Publication des premiers mythes et contes Kanak.

« On nous a montré un peuple s’élançant dans les bras d’un bon Jésus, mais je ne trouve guère que le fier canaque de l’Insurrection qui, vaincu, préfère ne pas avoir d’enfants que de les voir exploités par les « blancs ».  » (Maurice Leenhardt, Lettre à son père, 1903)

1917

Révolte kanak, notamment à la suite du développement de la colonisation civile et des campagnes de recrutement « volontaire » pour la Première guerre mondiale. Trois leaders kanak finiront décapités.

Sur les  1137 actes d’engagement recensés, 1078 Kanak seront recrutés et 382 mourront ou disparaîtront durant la guerre.

1931

Exposition coloniale de Paris, lors de laquelle des Kanaks sont exposés en cages. 111 Kanak sont exhibés à l’Exposition coloniale de Paris, présentés comme «cannibales authentiques». La même année, le bagne est fermé définitivement.

Le 21 novembre 1931, à 5h03 heure locale, Victor Roffey, un jeune aviateur australien décollait (…) de Ouaco, à Kaala-Gomen, pour franchir les 1 500 km le séparant de son sol natal. Le lieu de décollage ne devait alors rien au hasard. C’est en effet à cet endroit précisément que la distance est la moins grande entre la Grande Terre et l’île continent.

1932

Première liaison France-Nouméa

Ce mardi 5 avril 1932, un peu après 17 heures, la ville de Nouméa accueille un équipage d’aviateurs français, le premier de l’histoire à avoir effectué la liaison France – Nouvelle-Calédonie. Le 9 mars 1932, le pilote Charles de Verneilh, le navigateur Max Dévé et le mécanicien Emile Munch prenaient leur envol d’Istres, direction la Nouvelle-Calédonie, installés à bord d’un appareil trimoteur baptisé « Biarritz », dont on doit la conception au jeune ingénieur René Couzinet (de 27 ans seulement !), pouvant développer une puissance totale de 315 chevaux (trois moteurs De Havilland de 105 chevaux) : un tout nouvel avion avec seulement 28 heures de vol à son actif. Au terme de vingt-huit jours, les trois hommes auront franchi une bonne partie du monde, soit quelque 21 550 kilomètres, suivant le trajet Istres, Tripoli, Le Caire, Bassora, Karachi, Allahabad, Calcutta, Moulmein, Alor Setar, Batavia, Bima, Kupang, Port Darwin, Longbeach, Brisbane et enfin Nouméa.

1940

Après un coup d’état contre l’administration française qui chassera le gouverneur Pélicier, les Calédoniens rejoignent le Général de Gaulle.

Le Général de Gaulle lance un appel à la population kanak pour fournir des volontaires. Le Grand chef Hnaisseline de Maré et d’autres chefs encouragent leurs sujets à se porter volontaire avec la condition d’obtenir à la fin de la guerre la citoyenneté française.

1942

La Nouvelle-Calédonie devient une base arrière pour les Américains engagés dans le Pacifique. L’arrivée des Américains changera définitivement le quotidien des Calédoniens qui feront alors un bon dans la modernité : lave-linge, réfrigérateur, … entreront dans les familles Calédoniennes et modifieront profondément leur quotidien.

31 juillet 1943 : création de la première Caisse d’allocations familiales.

1945

Le franc CFP a été créé en décembre 1945 en même temps que le franc CFA, après les accords de Bretton Woods.

Avant cette date, ont circulé, à partir des années 1890, principalement des francs français et des piastres indochinoises, lesquelles sont émises par la Banque de l’Indochine qui s’installera en Nouvelle-Calédonie en 1888, mais aussi, à différentes époques, circulent de nombreuses monnaies étrangères comme le peso chilien d’argent, etc.

Le franc CFP signifie toujours « franc des Colonies françaises du Pacifique », appellation fixée par décret le 26 décembre 1945. Bien que l’appellation CFP ait évolué en « Communauté financière du Pacifique » puis aujourd’hui en « Change Franc Pacifique », il n’existe aucun texte officiel modifiant l’appellation de 1945.

Il faudra attendre 1966 pour que soit créé l’Institut d’Émission des Outre-Mer, assurant le rôle de banque centrale dans les collectivités ayant pour monnaie le franc Pacifique, et qui remplacera la Banque de l’Indochine qui jusque-là était la banque d’émission des billets.

1946

Les Kanaks obtiennent théoriquement le droit de vote, mais le suffrage universel n’est réellement mis en place qu’en 1957. La Nouvelle-Calédonie devient un Territoire d’Outre-Mer, l’Indigénat est supprimé : les Kanaks obtiennent la nationalité française, puis progressivement le droit de vote.

1949

Premier vol commercial en provenance de Paris vol AF036 via Saïgon avec 9 escales par le DC-4 d’air France (voyage de 6 jours). Les escales sont : Tunis-La caire- Bassorah (Irak) – Karachi – Calcutta – Saïgon-batavia -Darwin-Brisbane – Air France et PAN AM se posent sur Tontouta

1954

Le 9 décembre 1954, la première compagnie aérienne calédonienne, la société calédonienne de transports aériens « Transpac » dans le but d’exploiter un service aérien entre Nouméa, l’intérieur et les îles est créée.

1956

Premier avion de la TAI en DC 6B (Transport aérien transcontinentaux) spécialiste des longs courriers récupère la Zone pacifique et relie Paris à Nouméa via – Le Caire – Karachi – Saigon – Darwin – Nouméa et succède à Air France . Service 2 fois par mois et une fois par semaine après 10 mois d’exploitation. En 1957 : la ligne se prolonge jusqu’à Auckland et devient la plus longue ligne au monde.

1957

Lois cadres Deferre qui accordent davantage d’autonomie à la Nouvelle-Calédonie

24 février 1957 : création du régime accidents du travail et maladies professionnelles.

La gamelle, un service de livraison de repas complet (entrée, plat, dessert) au travail ou à domicile, dérivé de la tradition de distribution de repas aux ouvriers des mines de nickel qui existe depuis l’avant-guerre, se développe dans les années 50. Ce service de livraison est encore aujourd’hui très apprécié des Calédoniens.

1958

Création de la Caisse de compensation des prestations familiales et des accidents du travail : CAFAT.

1963

Loi Billotte qui marque un retour en arrière :  l’essentiel des pouvoirs accordés aux institutions calédoniennes leur est retiré, notamment en raison du boom du nickel.

1965

Le 19 octobre 1965 à 18h30, le Haut-commissaire de la République, Jean Risterucci, donne le coup d’envoi de la première émission diffusée sur le territoire qui est inaugurée par Alain Peyrefitte, ministre de l’Information. Son allocution est suivie de celle du Haut-commissaire, de l’émission enfantine Bonne nuit les petits, puis du premier journal télévisé de Télé Nouméa suivi d’un film de 1948, Ruy Blas, jusque vers 21 heures où la petite lucarne s’éteignit. Télé Nouméa naît de la volonté du Général de Gaulle d’installer la télévision, à Nouméa en vue des élections présidentielles de décembre 1965.

La télé a transformé notre mode de vie (…). En 1965, l’ordonnancement et les conversations du dîner s’en sont trouvés bouleversés. Le journal télévisé s’est invité à la maison, alimentant les commentaires, apportant les images animées de l’information, contrairement aux images figées jusque là réservées à l’antique France Australe. – Extrait article blog Nouméa Post.

1966

Le général de Gaulle quitte Paris le 25 août pour un voyage autour du monde de trois semaines où il passe alternativement d’un territoire français à un pays étranger. Après Djibouti, le Vietnam, l’Indochine, le Cambodge, le général de Gaulle et son épouse arrivent en Nouvelle-Calédonie le 4 septembre 1966, accompagnés du ministre Pierre Billotte et de Jacques Foccart.

« Vous devez dans la paix, comme vous l’avez fait dans la guerre, être pour toute notre communauté nationale un exemple, un exemple d’effort, de fraternité et de progrès  » – Extrait du discours du Général de Gaulle à Nouméa.

1969

Inspirés de la « révolution de mai 1968 », fondation des « Foulards rouges » par Nidoïsh Naisseline, qui porte principalement des revendications sur l’identité kanak.

« Le mouvement des Foulards Rouges a transformé le monde politique en Calédonie mais aussi le monde kanak avec l’union Calédonienne », Julien Dillenseger.

Création à Nouméa en 1969 d’un bulletin intitulé Le Réveil canaque par les Foulards rouges et l’ujc (Union des Jeunesses calédoniennes) : le bulletin est imprimé clandestinement dans une imprimerie de Nouméa.

1972

Le Premier ministre Pierre Messmer relance une deuxième vague conséquente de peuplement, il préconise une « immigration massive de citoyens français métropolitains » comme en atteste une lettre adressée au secrétaire d’Etat aux DOM-TOM le 19 juillet 1972.

Ces immigrants, notamment une majorité de fonctionnaires, se verront affublés du sobriquet 5,5 en rapport au taux de change entre le franc pacifique et le franc français. L’indexation des salaires de ces fonctionnaires sera répertoriée sur les prix à la consommation et reste encore usitée au 21ème. En 2018, le site de voyage TravelBird classera la plage de l’Anse Vata à Nouméa comme la plus chère au Monde.

1975

Mélanésia 2000 est le nom du premier festival des arts mélanésiens. Venus de toutes les tribus de la Grande Terre et des îles Loyautés, plus de 2.000 Kanak y participent comme acteurs. Les entrées des spectateurs furent estimées à 50.000 personnes.

« Je me permets de faire le rêve qu’en l’an 2000, le profil culturel du Calédonien comportera aussi bien des éléments européens que mélanésiens. Mais un préalable est nécessaire : la reconnaissance réciproque des deux cultures. » – JM Tjibaou

1977-1978

L’Union Calédonienne (UC), parti politique créé en 1953, se prononce officiellement pour l’indépendance.

1982

Instauration de l’impôt sur le revenu des personnes physiques.

1983

Table ronde de Nainville-les-Roches qui marque le début des négociations entre les indépendantistes kanaks, les non-indépendantistes et la France.

1984-1988 : « Evénements »

Création du Front de Libération nationale kanake socialiste (FLNKS), indépendantiste, qui décide la création d’un « gouvernement provisoire » de la future Kanaky (Nouvelle-Calédonie en kanak). La même année, assassinat dans une embuscade de dix militants indépendantistes, dont deux frères de Jean-Marie Tjibaou (FLNKS), vice-président du conseil de gouvernement. Ce n’est qu’en 2022 qu’un documentaire télévisé racontant ce passage tragique de l’histoire contemporaine sera enfin diffusé et connu du grand public.

1986

Réinscription de la Nouvelle-Calédonie sur la liste des 17 territoires considérés comme non autonomes par l’Assemblée générale des Nations unies et est désormais suivie par le Comité spécial de décolonisation de l’Assemblée générale de l’ONU.

Naissance du Kaneka, mouvement musical créé sous l’impulsion de Jean-Marie Tjibaou pour mettre en avant et fédérer les différentes langues kanakes dans une seule et même entité musicale commune.

1987

Création du Centre universitaire de Nouvelle-Calédonie (Université française du Pacifique – Polynésie française et Nouvelle-Calédonie).

Il faudra attendre 1999 pour que l’Université de la Nouvelle-Calédonie soit créée et 2020 pour qu’une antenne soit ouverte à Koné en Province Nord. La création de l’Université de la Nouvelle-Calédonie a pu se réaliser grâce à la signature des Accords de Matignon-Oudinot et de l’Accord de Nouméa.

1988

Signature des Accords de Matignon-Oudinot, qui repoussent de dix ans le vote sur l’autodétermination, au cours desquels une politique de rééquilibrage en faveur des Kanaks doit être mise en place.

En octobre 2020, la place de la Paix, a été préfigurée par la Ville de Nouméa. En son centre est désormais érigée une statue représentant la poignée de main entre Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou.

Un geste symbolique « en accord avec la volonté profonde de l’ensemble des Calédoniens de ne pas voir reculer l’histoire et poursuivre sur le chemin de la paix » – Sonia Lagarde, Maire de Nouméa.

1989

Création de l’Agence de Développement de la Culture Kanak

Assassinat des leaders indépdantistes Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné par Djubelly Wea.

Dick Ukeiwe, fondateur du RPR-NC et premier sénateur Kanak, devient le premier Kanak député européen.

1990

Le FLNKS devient membre du Groupe mélanésien Fer de lance.

1998

Le 5 mai, l’Accord de Nouméa, signé par le Premier ministre socialiste Lionel Jospin et les présidents du RPCR et du FLNKS, instaure un processus de décolonisation sur 20 ans. Il est ratifié en novembre par 71,86% des Calédoniens.

Le Centre Culturel Tjibaou, dernier grands travaux de François Miterrand, réalisé par Renzo Piano, est inauguré la veille de la signature de l’Accord de Nouméa.

1999

La loi organique modifié N° 99-209 du 19 mars 1999 (issue de l’Accord de Nouméa) maintient les Conseils coutumiers d’aire (lien sur les conseils coutumiers), et instaure le Sénat coutumier.

1er congrès du Sénat Coutumier

21ème siècle

2001

Le Comité Rhéébu Nùù est créé pour le suivi du projet industriel de Goro-Nickel.

2004

Divisées depuis quinze ans, les familles Tjibaou, Yeiwéné Yeiwéné et Wéa se retrouvent le 17 juillet à Tiendanite autour d’une coutume de pardon.

Le 24 septembre devient la fête de la citoyenneté et est désormais un jour férié.

2007

Création le 17 janvier 2007 de l’Académie des Langues Kanak ayant pour but la sauvegarde, la valorisation, la revitalisation et principalement, la transcription du patrimoine linguistique kanak, ainsi que des expressions de tradition orale qui y sont associées, à travers notamment, la normalisation et la standardisation des 40 langues et dialectes kanak.

2008

Le lagon calédonien est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

33ème site français inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO, le récif corallien de Nouvelle-Calédonie est le deuxième à être uniquement naturel, après le Golfe de Porto en Corse.

2009

Le Parlement adopte un projet de loi qui permet des transferts progressifs de compétences de l’Etat à la Nouvelle-Calédonie, assortis de leurs modalités financières.

2010

Le Premier ministre François Fillon officialise la double légitimité des drapeaux français et kanak ne permettant pas ainsi aux Calédoniens de créer leur propre drapeau comme stipulé dans l’Accord de Nouméa.

Décès de Jacques Lafleur, président du RPCR et signataire de l’Accord de Nouméa.

2011

Création de la première télévision calédonienne : CALEDONIA TV. La première diffusion de la chaîne locale aura lieu en décembre 2013.

2014

Après 136 ans passés en France, le crâne du grand chef kanak Ataï, décapité le 1er septembre 1878 en Nouvelle-Calédonie, est officiellement restitué à ses descendants.

Le Sénat coutumier présente la charte du peuple Kanak au Congrès de la Nouvelle-Calédonie.

2016

Initialement admise au statut d’observateur au lendemain de l’Accord de Nouméa en 1999, la Nouvelle-Calédonie devient membre associé du Forum en 2006. En Septembre 2016, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française sont finalement admises au statut de membre à part entière lors du 47ème Forum des Iles du Pacifique à Pohnpei, en Micronésie.

La Nouvelle-Calédonie devient membre associé de l’Organisation Internationale de la francophonie (OIF)

2017

Découverte du continent Zealandia dont fait partie la Nouvelle-Calédonie.

Si nous pouvions en quelque sorte « tirer le bouchon de l’océan », tout le monde verrait que nous avons ici des chaînes de montagne et un grand continent élevé au-dessus de la croûte océanique – Nick Mortimer

2018

1er référendum sur l’indépendance.

Le seul vainqueur, c’est le processus en faveur de la paix qui porte la Nouvelle-Calédonie depuis trente ans, c’est l’esprit de dialogue – Emmanuel Macron

2019

Les 4 premiers délégués régionaux de la Nouvelle-Calédonie prennent leur poste au sein des ambassades françaises de Fidji, Nouvelle-Zélande, Papouasie-Nouvelle-Guinée et Vanuatu.

(Notre rôle ?) D’un côté, représentation politique – faciliter le dialogue entre le gouvernement du pays d’affectation et le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie – et puis également faciliter les programmes de coopération – Cécilia Madeleine

2020

Deuxième référendum.

Il serait intéressant de savoir combien d’entre nous sommes prêt à mettre en place cette 3ème voie (Ndlr : la convention citoyenne) en proposant un modèle sociétal co-construit qui serait présenté à l’ensemble des citoyens, aux élus Calédoniens, au gouvernement Français, à l’ONU, etc… ce qui nous permettrait enfin de sortir de cette question binaire qui ne définit aucunement la société dans laquelle nous sommes nombreux à nous reconnaître et dans laquelle chacun a sa place – Extrait article du blog Présence Kanak « La convention citoyenne : une 3ème voie pour le Pays »

2021

Pour la première fois, un Kanak devient président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie : Louis Mapou est élu président du 17ème gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Pensez-vous qu’un Kanak pourra être à la tête de la province Sud, de la Ville de Nouméa, Président du Gouvernement ? Jamais ! Et j’ose dire que ce ne sera jamais le cas tant que la sociologie ou bien la volonté politique (…) ne changera pas fondamentalement. Les critères et les stéréoptypes sont toujours là au XXIème siècle. Il y a une forme de racisme institutionnalisé en Calédonie comme dans beaucoup de sociétés postcoloniales. Presque involontairement cet état de fait existe dans l’inconscient collectif – Extrait « Entretiens Simon Loueckote, ma vérité » d’Alexandre Rosada

Malgré la pandémie de covid-19, la France maintient le 3ème référendum en statuant sur la date du 12 novembre. Les indépendantistes boycotte le référendum : une grande partie de la société kanak étant en deuil, il est inimaginable pour eux d’y participer. La population calédonienne est fortement impactée par la pandémie.

La société calédonienne n’aurait pas le visage qu’elle a aujourd’hui sans la société Kanak – extrait podcast « La pause décoloniale » du 19 mai 2022.

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