Nuelasin n°198 – 7 mars 2025

Bozusë. Je repense à lundi quand la nouvelle est arrivée chez nous. Un passager est décédé dans le Bético en partance pour les îles. Avant nodei Nengone, Qapitro a rendu l’âme et est allé dans le monde des aïeuls. Il a dit au revoir à Hnyela pour aller le rejoindre au quai de Wé. Chose que son épouse a dû faire après mais pour découvrir et récupérer le corps de son époux sans vie. Voilà le côté mystérieux et cruel de la vie. Le frère est de la génération du dessus. Quand on était lycéens, il faisait partie de nos aînés. C’est comme Qaeze, Mindja Félix et les autres. Il laisse un grand vide dans nos vies. Comme si on doit toujours recommencer à aimer.

AKIL, c’est le nom proposé à notre association des écrivains des îles. Un courrier électronique nous a été adressé par la suite pour dire ce que nous pensons. On attend la validation avant de finaliser les formalités administratives. A un jeune (futur écrivain de Hunöj), je lui ai envoyé un courrier pour qu’il se mette en lien avec nos responsables. Mesdames Hotere et Isa. 

Dans ce numéro 198, j’ai publié les dictées de Prosper Mérimée et de Bernard Pivot pour que les lectrices et lecteurs de Nuelasin puissent s’essayer. Je pense à mes amis Joël Paul et le Poète M. Meuric pour un sans-faute. Moi c’est cent fautes.  

Bonne lecture à vous de la vallée où le temps alterne entre la grisaille et les trous de ciel bleus où se mêlent joie et toujours joie. A l’autre vendredi. Wws

Des chats et des hommes. 

Nous avons une petite tribu de chats chez nous, et leur nombre commence à devenir important. Nous en avons actuellement cinq. Il y a un mois, l’une de nos chattes a donné naissance à deux adorables chatons et a trouvé refuge dans notre meuble à vaisselle pour mettre bas. Les chatons ont rapidement grandi et ont commencé à explorer la cuisine, causant parfois un joyeux désordre. Étant en âge d’être sevrés et séparés de leur mère, ma fille, qui était venue passer quelques jours à la maison, a exprimé le désir d’adopter un chaton. Elle souhaitait n’en prendre qu’un seul, mais je lui ai fait remarquer qu’il serait impitoyable de séparer les deux petits. Lors d’un déplacement à la capitale, Élisa a finalement emmené les deux chatons avec elle. Depuis, la cuisine est redevenue calme et ordonnée.

Cependant, il y a quelques nuits, mon sommeil a été interrompu par les miaulements de la mère chatte. Une nuit, je me suis levé pour voir ce qui se passait. La chatte rentrait dans le placard, y restait un moment, puis ressortait en miaulant encore plus fort. Je suis resté immobile pour ne pas l’effrayer. Elle a fait le tour de la pièce puis est sortie vers la voiture, où elle a sauté sur le capot pour regarder à l’intérieur. Rien. Élisa était revenue de Nouméa depuis deux jours, mais les chatons étaient restés chez Nana, leur nouvelle propriétaire. Neige, le chaton tout blanc, et Noisette, l’autre, en souvenir d’une autre chatte de la maison qui avait été écrasée par une voiture. Ma fille l’avait enterrée en pleurant toutes les larmes de son corps.

Hier, c’était dimanche. Élisa et Pati m’ont rejoint dans mon bureau pour distraire Pati, car sa mère devait partir à Koumac pour le travail du lendemain. Alors, la maman de Pati nous a discrètement quittés pour éviter que son fils ne pleure son départ. Un peu plus tard, Pati est sorti et s’est mis à chercher sa maman, en répétant « maman » d’une voix encore maladroite. Pati n’a que deux ans, et son innocence est touchante. Il ne comprenait pas que sa maman voulait simplement lui éviter de pleurer. C’était un comportement chargé d’émotion. Je restai silencieux avant d’emmener Pati et sa grand-mère faire un tour au village pour que le petit efface ce soir-là, le souvenir de sa mère. 

Dans la voiture de Maselo (Après le 13 mai 2024)

–       (arrêtant son taxi devant Poindi) Eh bien, bonjour, Poindi ! Tu as l’air épuisé. Qu’est-ce qui t’amène au marché si tôt ?

–       (déçu) Salue, M. Maselo. Je reviens à la tribu après des années passées à Nouméa. Mon entreprise a fait faillite. Tout ce que j’ai construit s’est effondré.

–       (compatissant) Je suis désolé d’apprendre ça, Poindi. La vie en ville peut être impitoyable. Mais ici, à Tiéta, tu retrouveras toujours tes racines, ta famille.

–       (regardant autour de lui) Oui, mais tout a changé. Les jeunes ne parlent plus la langue, ne respectent plus les coutumes. La tribu n’est plus ce qu’elle était.

–       (posant une main sur l’épaule de Poindi) Les temps ont changé, c’est vrai. Mais la terre, les arbres, les rivières, ils sont toujours là. Et la communauté kanak est forte. Nous nous soutenons les uns les autres.

–       (tristement) J’ai perdu ma fierté, Maselo. Mon entreprise était ma passion. Maintenant, je me sens perdu.

–       (avec empathie) Poindi, la tribu t’accueille à bras ouverts. Nous avons intronisé le fils du chef. Il te soutiendra. Nous te soutiendrons. Et peut-être, en retrouvant tes racines, tu trouveras une nouvelle voie. Tiéta reste Tiéta. 

Voici quelques proverbes sur les femmes et les hommes. Cinq/cinq. (Cinq proverbes pour les femmes&cinq proverbes pour les hommes. Kif-kif) Pas de jaloux. 

Le péché du mari reste sur le seuil, celui de la femme pénètre dans la maison.

Les femmes sont comme le crocodile : pour attraper l’homme, elles pleurent ; une fois qu’il est pris, elles le dévorent.

L’homme est de feu, la femme d’étoupe et le diable souffle.

La femme est une forteresse, l’homme est son prisonnier.

La femme tombe sept fois et toujours se relève.

Si les hommes aiment les femmes silencieuses, c’est parce qu’ils sont persuadés qu’elles les écoutent.

Quand l’homme réfléchit, la femme a déjà compris.

Sans une femme l’homme gémit et va à la dérive.

En politique, si vous voulez des discours, demandez à un homme. Si vous voulez des actes, demandez à une femme.

Les femmes savent le point faible des hommes, mais les hommes ne sont pas arrivés à trouver le leur.

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