Bozusë,
Enfin libre. Désormais, M. Maselo est sur toutes les routes du pays. Son taxi emmène Marienne qui descend du plateau de Hunöj pour aller au culte dans le vieux temple du bout du monde à Xodre, le temple dédié au vieux Hëxen qui est allé évangéliser les îles Torrès à la fin du 19ème siècle. Entre doute et foi.
Le texte qui accompagne le vieux Maselo est surprenant. Je l’ai piqué du Net. Bonne lecture et à vendredi de la semaine prochaine. Wws
Dans la petite voiture de Maselo
M. Maselo et Marienne
(La voiture roule doucement à travers le paysage magnifique de Wenekuka, baigné par le soleil levant. La route serpente entre des ombres verdoyantes et la rocaille grise odoriférante.)
M. Maselo: Ah, quel beau matin! On dirait que le soleil lui-même chante des louanges. Alors, vous allez au culte, hein?
Marienne: Oui… Enfin, je suppose. C’est plus par habitude qu’autre chose.
M. Maselo: Par habitude ? Vous ne semblez pas très convaincue.
Marienne: Disons que j’ai du mal à croire aveuglément en tout ce que l’Église prêche. Trop de contradictions, si vous voulez mon avis.
M. Maselo: Les contradictions font partie de la foi. Sans elles, il n’y aurait pas de questions, et sans questions, pas de recherche de vérité. Vous y avez déjà pensé ainsi ?
Marienne: Peut-être. Mais parfois, tout cela me semble tellement… irréel. Les miracles, les dogmes… Comment peut-on y croire sans preuve ?
M. Maselo: La foi, c’est un peu comme ce paysage autour de nous. On n’a pas besoin de preuves pour voir sa beauté. Parfois, il suffit d’ouvrir son cœur.
Marienne: (soupire) C’est joli ce que vous dites, mais pour moi, la beauté de la nature est tangible. La foi, c’est… nébuleux.
M. Maselo: Et pourtant, beaucoup trouvent la foi en observant cette même nature. Un simple lever de soleil peut être une preuve divine pour certains. Chacun a son propre chemin.
Marienne: Peut-être. Peut-être que je n’ai pas encore trouvé le mien.
M. Maselo: Cela viendra. La foi n’est pas une destination, c’est un voyage. Parfois long, parfois sinueux, mais il vaut la peine d’être parcouru.
Marienne: Vous parlez comme un prêtre/un pasteur, M. Maselo. Vous êtes croyant, je suppose ?
M. Maselo: Oui, je crois. Mais ma foi n’est pas parfaite. Elle vacille, comme tout le monde. L’important, c’est de continuer à chercher des réponses.
Marienne: Peut-être que je devrais essayer de voir les choses autrement, alors.
M. Maselo: N’ayez pas peur de douter. Le doute peut mener à une foi plus profonde. Prenez votre temps. Peut-être qu’un jour, en regardant un lever de soleil, vous ressentirez quelque chose de plus.
Marienne: Merci, M. Maselo. Vous m’avez donné à réfléchir.
M. Maselo: C’est tout ce que je souhaitais. Nous sommes presque arrivés. Bon culte, Marienne.
Marienne: Merci. Peut-être que cette fois, je prêterai un peu plus d’attention.
(La voiture ralentit, s’approchant de la vieille église posée à quelques mètres de la mer. Elle semble flotter sur l’océan. Le paysage est toujours aussi magnifique, mais maintenant, elle s’avère porter une lueur d’espoir.)
Le chant des étoiles
« Pourquoi ne peux-tu pas entendre les étoiles ? »
C’est la question que les Bushmen du Kalahari ont posée un soir à l’explorateur Laurens van der Post.
Il a ri, croyant à une plaisanterie.
Mais ils ne plaisantaient pas.
Et quand ils ont compris qu’il ne pouvait vraiment pas entendre le chant des étoiles, leur joie s’est muée en tristesse.
Pour eux, les étoiles chantaient vraiment. Le ciel nocturne était un murmure vivant, un chant doux de l’univers que seuls ceux encore connectés à la nature pouvaient percevoir.
Ne pas l’entendre, ce n’était pas être sourd.
C’était être coupé.
C’était avoir perdu le lien.
Aux yeux des Bushmen, la plus grande tragédie n’était pas de perdre l’ouïe… Mais de perdre sa relation avec l’univers.




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