Bozusë,
André Qaeze a demandé la traduction de retraite en drehu. Je ne propose rien. Je soumets au lectorat de Nuelasin. Je suis en deuil, la France n’est pas en finale. Pff !
Pour accompagner le vieux Maselo, parlons mariage drehu et à l’autre week-end. Bonne lecture. Wws
Dans la petite voiture de Maselo
Maselo : Bonjour ! Je suis ravi de discuter avec un sculpteur kanak. L’art kanak est si riche et diversifié. Comment abordez-vous la sculpture dans notre culture.
Sosor : Bonjour, M. Maselo. Merci pour votre intérêt. La sculpture occupe une place centrale dans l’art kanak. Nous travaillons principalement le bois, mais aussi la terre et la pierre. Notre tradition artistique est profondément liée à notre identité et à notre histoire.
Maselo : Fascinant ! Et parlons de la construction des cases kanak. J’ai toujours admiré leur beauté et leur symbolisme. Comment cela se passe-t-il.
Sosor : La case traditionnelle kanak est de forme circulaire, construite autour d’un poteau central. Elle est surmontée d’une flèche faîtière, qui représente le torse et le visage stylisés du chef. Cette flèche est bien plus qu’un simple élément architectural ; elle incarne la présence des ancêtres et apporte protection à la tribu.
Maselo : Incroyable ! Et qu’en est-il des détails sculptés sur les chambranles de porte.
Sosor : Ah, les chambranles ! Ils sont souvent très travaillés, ornés de figures d’ancêtres protecteurs. Chaque motif a sa signification, et ces sculptures sont essentielles pour la case. Elles racontent notre histoire et notre lien avec la nature.
Maselo : Je suis émerveillé par cette symbiose entre l’art et la vie quotidienne. Merci d’avoir partagé cela avec moi.
Sosor : C’est un plaisir, M. Maselo. Notre art est un héritage précieux, et nous sommes fiers de le perpétuer.
Le mariage drehu
Dans le mariage drehu, il y a traditionnellement trois parts bien distinctes.
La première est le Zanethi, que l’on peut traduire en français par le lait maternel. Cette part est exclusivement destinée à la mère de la mariée, en reconnaissance de tout ce qu’elle a donné à son enfant.
La deuxième est le pua. Il s’agit de la part réservée aux invités de la famille de la mariée. En effet, la famille invite des proches et des membres du clan à venir assister au mariage de leur fille. Après la cérémonie, cette part est partagée entre tous ces invités.
La troisième est le hna ahetrenyin. Cette part est destinée aux deux jeunes mariés. À la fin du mariage, on leur remet une somme d’argent ainsi que des biens pour les aider à commencer leur vie commune. Cette somme est souvent importante.
Il arrive que les contributions soient particulièrement élevées. Par exemple, lorsqu’une enveloppe de 3 000 000 francs CFP est constituée, elle peut être répartie en trois parts égales : 1 000 000 de francs pour la mère de la mariée (le Zanethi), 1 000 000 de francs pour les jeunes mariés (le hna ahetrenyin) et 1 000 000 de francs pour les invités (le pua), qui se le partagent entre eux.
Cette répartition montre que, dans la tradition drehu, le mariage ne profite pas seulement aux époux, mais reconnaît aussi la mère de la mariée et honore l’ensemble des proches venus accompagner cette union.
Remarques : J’ai raisonné large en avançant trois millions de contribution finale. Nous sommes en 2026 et le drehu a toujours sa main sur le cœur. Il donne. Mais quand la mise en commun n’atteint pas une grande somme, les responsables retiennent leur élan de générosité. Ainsi dans certaines familles, il arrive qu’on donne seulement deux parts. À la maman de la mariée et aux mariés. Dans tous les cas le travail est toujours orienté pour soigner la famille de la mariée. Faut bien aménager la demoiselle pour faciliter son intégration dans sa nouvelle famille. Ne dit-on pas qu’elle quitte ses parents pour finir poussière dans le clan de son époux ?
Lors des deux mariages que j’ai évoqués, la mère de la mariée savait déjà, en arrivant, que la somme qu’elle recevrait au titre du Zanethi serait importante. Avec ses invités, elle avait loué une voiture afin de visiter l’île après le mariage. Une fois la cérémonie terminée, elle a dit au père de la mariée de prendre en charge une partie des frais de location du véhicule. Celui-ci a d’abord refusé. Une vive dispute a alors éclaté. Les paroles ont fusé et les invités venus de loin ont été choqués d’assister à cette scène.
Finalement, après des discussions, un accord a été trouvé et le père a accepté de participer au paiement de la location de la voiture.
Ce type de situation se produit souvent lorsqu’il n’y a pas eu de concertation préalable entre les parents de la mariée, en particulier lorsqu’ils ne forment plus un couple : qu’ils soient divorcés, séparés ou qu’ils n’aient jamais vécu ensemble. Cela constitue aujourd’hui l’un des nouveaux défis du mariage drehu. Les évolutions de la vie familiale ont des répercussions sur l’organisation de la coutume, qui repose traditionnellement sur une bonne entente et une répartition claire des responsabilités.




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