Bozusë, une semaine courte nous a attendu. Je pense que je vais faire paraître Nuelasin 189 ce jeudi. Demain, c’est la Toussaint. Quel est le sens de la fête de la Toussaint ? Explication : La fête de la Toussaint est célébrée le 1ernovembre. Il s’agit de la fête de tous les saints, reconnus comme tels par la canonisation, ou inconnus. Célébration joyeuse, la fête de la Toussaint témoigne de l’espérance chrétienne devant la mort. (Net) Pratiquants ou pas, tout le monde bénéficie de cette fête religieuse.
J’ai une petite pensée au vieux Amié (papa de notre collègue, maîtresse Josiane) un vieux qui a beaucoup travaillé dans sa vie. Un bel exemple pour la jeune génération.
Pour accompagner le vieux Maselo, je propose un récit de demande en mariage où la future mariée n’avait que quatorze ans. Une situation vécue par certaines de nos mamans où après le mariage, le couple était séparé pour laisser la fille gagner de l’âge pour pouvoir assurer après sa fonction de maman dans le clan. La maternité.
Amié Wanothuma
Il est le papa de maîtresse Josiane. Lundi en commençant notre semaine, l’équipe enseignante du centre scolaire est allée lui apporter la coutume de deuil. Le vieux papa est parti dans le monde des aïeuls. À 91 ans, s’il vous plait. Il a commencé sa carrière de maçon à 27 ans. Et Dieu seul connaît les bâtisses qu’il a construites dans ce bas monde avant de partir. J’ai demandé un écrit à maîtresse sur sa vie ; elle me l’a remis mercredi. Je le publierai dans une prochaine parution.
Frère&sœur
Je suis assis en ce moment (lundi 28 octobre 10h45) dans le hall devant mon bureau. Il fait une chaleur suffocante. Tout le monde est un peu fatigué à cause de la journée dense de samedi, je veux parler de notre kermesse très animée. Vinrent une dame, une grand-mère et sa très jolie bébé (une petite fille) de trois ans je suppose. Elles s’assirent sur le banc à côté de ma chaise. « Elle, c’est la petite fille de Utë. Au fait, c’est la fille de Tchéou. Il lui a donné pour adopter. Quand ils étaient ici au collège, Utë savait d’après les résultats des analyses de ses visites médicales qu’elle n’allait pas facilement avoir d’enfants dans sa vie future. Alors Tchéou lui promit que si plus tard il avait une compagne et qu’ils allaient avoir des enfants, ils lui en donneraient un/une pour adopter. Voilà, c’était ce qui s’était passé. La petite Tchuké est là. Elle va rentrer au primaire l’année prochaine. » J’écoutais la grand-mère en plongeant mon questionnement dans ce que la vie nous réserve. Surprenante ! Fût-elle en imaginant la joie des parents et surtout de Utë.
Il pleure dans mon cœur.
« C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine,
Mon cœur a tant de peine. » Paul Verlaine.
Je ne comprends pas. J’ai pris l’habitude de marcher tous les matins pour aller au collège et de rencontrer le monde sur mon chemin. Mais, par deux fois déjà j’allais croiser une maman qui changeait subitement de direction avant d’arriver à ma hauteur et je ne comprenais pas pourquoi. Alors beaucoup de questions me taraudèrent l’esprit. Je me formulai alors des incompréhensions. Qu’ai-je fait moi qui souris tout le temps à tout le monde. Moi qui veux parler au vent et toujours réserver le bon accueil au tout venant. On ne peut plaire à tout le monde. Résolution : la parole de Jean-Michel B. me vient en force en ce moment même. Pourquoi s’enquiquiner les méninges ? J’ai aussi ma fierté et je ne dois pas laisser quelqu’un d’autre éteindre mon soleil. ‘Autant… autant’, est une expression qui signifie que je dois aussi réagir pareil et passer comme le vent sans que rien manque au monde immense et radieux. Victor Hugo. Bon vent et bon long week-end à vous. Wws
Dans la voiture de Maselo
– (Arrêtant son taxi devant Joséphine) Eh bien, bonjour, Joséphine ! Qu’est-ce qui t’amène à la tribu ? Tu as l’air si différente depuis ta dernière venue.
– (Regardant autour d’elle) Salue, M. Maselo. Oui, je suis de retour. La vie en ville m’a épuisée. J’ai divorcé, tu sais. J’ai trompé mon mari, et tout s’est effondré
– (Déçu) Joséphine, je suis désolé d’apprendre ça. La tribu est toujours là, euh… mais pourquoi revenir maintenant ?
– (Les yeux embués) J’ai besoin de revenir à la source, retrouver mes racines, M. Maselo. La ville m’a perdue, mais ici, je veux revivre ma vie d’antan. Retrouver la simplicité, la famille.
– (Posant une main sur l’épaule de Joséphine) La tribu t’accueille à bras ouverts. Mais tu sais, les choses ont changé. Les jeunes ne parlent plus la langue, ne respectent plus les coutumes.
– (Soupirant) Je le sais. Mais peut-être que je peux aider à raviver notre culture. Revenir à l’essentiel. Et puis, j’ai besoin de la nature, du calme.
– (Regardant la maison commune de Témala) Bien sûr, Joséphine. La terre, les arbres, les rivières, ils sont toujours là. Et nous, les anciens, nous sommes là aussi. Prêts à t’accueillir. Fin prêts…
La destinée
Finis les exposés, il fallait passer à la phase cruciale au sujet de laquelle chacun avait déjà redoublé son attention. Esther allait livrer l’arrêté. Qui allait lui poser la question ? Le maître des lieux rompit la pesante atmosphère. « Acaemo, ma fille il est bientôt deux heures à ma montre. Les coqs vont être témoins de ta décision. A la tribu, il y a des filles de ton âge qui n’avaient pas voulu accepter à l’époque les vrais partis comme celui-là, tu les connais, elles sont devenues vieilles filles : rochers de la tribu. Elles sont le sel qui donne du goût aux soirées de beuverie à la tribu. Maja a sept gosses. Qui fera des kilomètres comme ces messieurs pour lui demander en mariage ? La chance n’arrive qu’une seule fois pour son tour, après, c’est fini pour la vie. Il faut savoir prendre la bonne décision au moment où il faut. Ce soir, c’est toi qu’ils sont venus voir. Je ne veux pas que demain tu viennes à la maison pour demander leur coutume alors qu’ils ont déjà trouvé une autre fille, parce que tu veux revenir sur ta décision. » Décidément, toutes les brèches par laquelle Esther pouvait encore espérer s’engouffrer pour trouver une autre alternative, sont explorées, elle ne devait plus que donner une seule réponse. Celle que tout le monde attendait. Il y eut un long silence. Une éternité. Pour la dernière fois le vieux Poitrë risqua la même question. « Alors ma fille, est-ce que tu acceptes leur venue à la maison ? » Esther qui ne savait pas comment répondre, toussa. Panue comprit une réponse positive. Les autres au contraire pensaient l’inverse. Tous les faits et gestes de Esther étaient interprétés. Le vieil oncle qui avait compris la confusion dans les yeux des autres reconsidéra à nouveau la demande. Dans la salle le silence devenait plus oppressant. Les nuits blanches de déplacements en voiture et les tractations infructueuses se faisaient sentir. Le comble de la détresse. Chaque être retenait sa respiration. Tous les hommes voulaient simplement saisir chaque parole que Esther allait prononcer. Mais la jeune demoiselle ne disait rien. Elle n’avait rien à dire. Tout avait été mené pour l’amener dans une situation où la réponse qu’elle devait donner était presque déjà connue. Elle leva la tête, esquissa un sourire puis rentra à nouveau dans son silence. Quel sens donner à son attitude ? Chaque être vivant ne découvre qu’une seule fois la mort. Esther découvrait cette nuit la coutume de mariage. Elle n’avait jamais été mise dans une situation où elle devait donner une réponse, la sienne. Ses parents avaient toujours décidé pour elle. Normal, Esther n’avait que quatorze ans. Collégienne, elle devrait être. Avait-elle saisi tout le discours qui lui avait été adressé des heures plutôt ?
Léopold Hnacipan Dans De séduction en séduction 2015








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