Bozusë, acquitté. J’ai contacté ma belle-sœur, Marie-qatr, l’épouse de mon grand frère Drikone, en début de semaine pour m’informer sur la date à laquelle nous devrions verser notre cotisation tribale pour le mariage du fils de notre grande chefferie de Lösi. Elle m’a répondu qu’elle avait déjà donné pour la famille. Il est vrai que Mme H. a bien vendu ses litchis cette année, ce qui a dû aider. Sur les réseaux sociaux, j’ai même vu que mon grand frère était monté dans l’arbre à l’aide d’une échelle, tandis que sa fille le maintenait en équilibre en bas.
Lors d’un weekend, le petit chef de Hunöj a fait le déplacement depuis Drehu pour informer les membres de la tribu vivant hors de l’île. La réunion s’est tenue au Eika de Montravel, où il a annoncé ce que Hunöj devait donner. Notre tribu avait déjà remis les 500 000 francs aux comités organisateurs du mariage. On attend plus que les autres hunahmi prêtent allégeance pour que le mariage se fasse en 2025. Affaire à suivre…
Ce numéro est l’avant dernier pour 2024. Nuelasin 195 de vendredi prochain sera la dernière parution (avant de souhaiter de bonnes vacances à tous les lecteurs) Et pour accompagner le vieux Maselo, je vous propose Vavouto et les proverbes et adages qui nous viennent du Nigéria. A méditer… Bonne lecture à vous de la vallée où l’on suffoque de plus en plus de la chaleur. Je vous jure. Wws.
Vavouto
Depuis plusieurs mois, lorsque je sortais de ma chambre dans la nuit pour prendre l’air, je ne voyais plus la lumière rouge qui illuminait le ciel, provenant de l’usine de Vavouto. Cette lumière, signe que les scories étaient sorties des fours et déversées sur un terre-plein, illuminait les nuages d’une lueur incandescente. Un jour, en roulant sur la RT1 avec Alcide, directeur de KNS, je lui ai posé la question. Il m’a expliqué que les camions déversaient les résidus sur un terrain aménagé à ciel ouvert, un phénomène qui se produisait toutes les vingt minutes. La nuit, en arrivant par Koné, on pouvait observer ce spectacle comme s’il était naturel, la couleur rougeoyante ressemblant à un ciel après un cyclone. De chez moi, je voyais souvent ce ciel rougeoyant, magnifique comme des aurores boréales souvent décrites dans certains ouvrages littéraires.
Maintenant, tout est noir. La nuit est ténébreuse et absorbante, comme ce lundi 2 septembre à 18h13, alors que je surveille l’étude de mes élèves de 3ème et 4ème. Ce même jour, je me suis rendu à Koné pour une réunion au bureau de la FELP. La circulation est devenue bien moins dense. Quand l’usine de Vavouto était encore en activité, je m’arrêtais plusieurs minutes au carrefour de Riviera à cause de la circulation animée, comme dans la capitale. Beaucoup d’usagers arrivaient par la voie de droite comme de gauche. On se demandait s’il ne nous fallait pas aussi des feux tricolores pour gérer la circulation comme à Koné.
Maintenant, il n’y a plus rien de tout cela. Les éoliennes sur le massif surplombant la tribu de Oundjo, en face du téton de Mme Marlier, ne tournent plus. Le vent s’est soudainement arrêté. Le silence est revenu. Ici, c’est redevenu comme avant. Avant, quand mon fils n’avait pas dix ans. Quand il n’y avait pas tous ces écrits xénophobes sur les murs du bâtiment de la plage de Gatope, quand Pierre et moi allions boire des cocos verts sous les bouraos. Depuis, Pierre est rentré chez lui. Moi, j’attends mon tour et puis après… plus rien.
Dans la petite voiture de Maselo
M. Maselo : (Arrêtant son taxi devant Poindi) Eh bien, bonjour, Poindi ! Tu as l’air épuisé. Qu’est-ce qui t’amène au marché si tôt ?
M. Poindi : (Essoufflé) Salue, M. Maselo. J’ai eu une nuit agitée. J’ai traqué un sanglier pendant des heures. Regarde, j’ai réussi à en attraper un gros ! (montre fièrement le sanglier)
M. Maselo : (Impressionné) Incroyable ! Tu es vraiment doué, Poindi. Mais pourquoi viens-tu au marché si tôt ? Tu pourrais attendre un peu, non ?
M. Poindi : (Souriant) Eh bien, tu sais, ma femme attend un bébé. Elle a besoin de soins et de nourriture. Je veux vendre ce sanglier pour gagner un peu d’argent. Les temps sont durs, M. Maselo.
M. Maselo : (Compatissant) Je comprends, mon ami. La vie en tribu n’est pas facile. Monte, je vais te conduire au marché. On trouvera un bon acheteur pour ton cochon.
M. Poindi : (Grimpant dans le taxi) Merci, M. Maselo. Tu es un vrai ami. Et toi, comment ça va ? Les affaires marchent bien ?
M. Maselo : (Démarrant le taxi) Oh, tu sais, c’est calme en ce moment. Les touristes se font rares. Mais on s’en sort. Et puis, j’aime conduire dans ces paysages magnifiques. Ça me rappelle pourquoi j’aime vivre ici.
M. Poindi : (Regardant par la fenêtre) C’est vrai, la nature est notre richesse. Mais dis-moi, M. Maselo, tu crois que le bébé sera un garçon ou une fille ?
M. Maselo : (Riant) Ah, Poindi, tu me poses une colle ! Je ne suis pas devin, mais je dirais que c’est un garçon. Et toi ?
M. Poindi : (Souriant) J’espère un garçon aussi. Quelqu’un pour m’aider à chasser et à pêcher, tu vois ?
M. Maselo : (Riant) Bien sûr ! Et peut-être qu’un jour, il montera dans mon taxi et me racontera ses aventures de chasse.
M. Poindi : (Clin d’œil) Qui sait ? En attendant, mon ami. J’ai hâte de vendre ce sanglier et de rentrer à la maison.
Proverbes et adages du Nigeria
Le bien est de plomb ; le mal est de plume. Les proverbes de l’Afrique (1964)
La patience est un remède universel à tous les maux. Les proverbes et adages du Nigeria (1956)
Une calebasse de vin se remplit goutte par goutte. Le pays igbo du Nigéria (2010)
La parole est sur les visages. Le pays igbo du Nigéria (2010)
On utilise le proverbe pour confondre l’imbécile. Le pays igbo du Nigéria (2010)
À celui que tu ne surpasses pas, ne lui refuse pas une journée de travail. Les proverbes et adages du Nigeria (1956)
Qui a faim ne dépasse pas un prunier noir sans en manger le fruit. Les proverbes et adages du Nigeria (1956)
Amer et doux dans la vie se promènent ensemble. Les proverbes et adages du Nigeria (1956)
Le pauvre qui est rassasié ne l’est jamais de viande. Les proverbes et adages du Nigeria (1956)
La joie n’est pas de toujours rire. Les proverbes et adages du Nigeria (1956)
Ce que tu ne donneras pas à un ami, tu ne le lui promets pas. Les proverbes des Igbos (1964)
Le silence, c’est le salut. Les Haoussas en proverbes (1964)
Fais tes affaires toi-même, tu ne seras pas trahi. Les Haoussas en proverbes (1964)
Ce que tu accordes à un de tes enfants, ne le refuse pas à un autre. Le Kanuri en proverbes (1964)
L’eau chaude ne conserve pas toujours sa chaleur. Les proverbes des Igbos (1964)
photo : https://www.province-nord.nc/








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