Bozusë ;
Ce matin (samedi 23 novembre), Walila est arrivée vers 10h pour récupérer une table avec sa voiture. Elle a reculé jusqu’à la cuisine avant d’entrer dans ma chambre pour me saluer. Sa mère l’avait envoyée. Pendant ce temps, je finalisais les bilans de compétences des élèves de 3ème pour mon cours de drehu. Les conseils de classe débutent pour nous lundi.
Aujourd’hui, c’est la kermesse à la tribu. Ici, il y a toujours quelque chose qui se passe, que ce soit des bingos, des kermesses ou des réunions. Les gens n’ont presque plus le temps d’aller au champ. On demande constamment à chacun de faire dons de toutes sortes, même de ce qu’ils ne possèdent pas. Néanmoins, tout le monde se présente, ne serait-ce que pour se montrer soi-même. Sa présence. L’absence est souvent mal vue et commentée par les autres.
Le besoin de se montrer est tel que chacun fait de son mieux pour être au premier plan, même sans raison particulière. Aujourd’hui, je vais aussi faire un tour à la maison commune, par respect pour ceux qui y sont déjà. C’est un devoir pesant, mais nécessaire pour la cohésion tribale et et… Cérébrale !
Pour accompagner le vieux Maselo, je vous livre un très beau texte de Jean d’Ormesson. Le texte en drehu est une réponse à un mail envoyée à Pascal Tupaisi qui m’a rappelé notre classe de CM1 en 1974. C’était à l’occasion du jubilé du collège de Havila. Souvenir…souvenir. Bonne lecture à vous. Wws
Dans la petite voiture de Maselo.
M. Maselo transporte deux bonnes femmes qui se haïssent dans son taxi. Elles se querellent pendant tout le trajet. M. Maselo a hâte de se débarrasser d’elles.
Geneviève : Claude, tu ne changeras jamais, toujours à critiquer tout le monde.
Claude : Oh, Geneviève, regarde qui parle ! Tu es la première à médire dès que tu en as l’occasion.
Geneviève : Moi ? Je ne fais que dire la vérité. Si ça te dérange, c’est ton problème.
Claude : La vérité ? Tu veux dire tes vérités. Tu ne sais même pas de quoi tu parles la moitié du temps.
Geneviève : Au moins, je ne passe pas mon temps à me plaindre de tout et de rien comme toi.
Claude : Se plaindre ? Je préfère ça plutôt que de répandre des rumeurs comme tu le fais.
Geneviève : Des rumeurs ? Tu es vraiment de mauvaise foi. Tout le monde sait que tu es la reine des commérages.
Claude : Et toi, la reine des mensonges. Tu ne peux pas t’empêcher de déformer la réalité.
Geneviève : Ah, parce que toi, tu es un modèle de vertu peut-être ?
Claude : Je ne prétends pas être parfaite, mais au moins, je ne passe pas mon temps à dénigrer les autres.
Geneviève : C’est ça, continue de te voiler la face. Un jour, tu devras bien admettre tes torts.
Claude : Et toi, tu devrais apprendre à te taire de temps en temps. Ça nous ferait des vacances.
Geneviève : Si seulement tu pouvais comprendre à quel point tu es insupportable.
Claude : Insupportable ? C’est l’hôpital qui se moque de la charité !
Geneviève : Tu sais quoi, Claude ? Je n’ai plus envie de perdre mon temps avec toi.
Claude : Pour une fois, nous sommes d’accord. Bonne journée, Geneviève.
Geneviève : Non. Je n’ai pas envie de te souhaiter une bonne journée, Claude. Tu es trop méchante. Mais, allez … je te souhaite quand même une agréable journée malgré tout, Claude…
La pénurie de médecins.
Je viens d’arriver de Koné et je regarde l’heure : il est 23h08 de ce jeudi 21 novembre 2024. À 13h, j’ai accompagné une jeune fille à l’hôpital de la Province Nord. Elle s’était blessée en jouant avec un camarade d’école. Celui-ci lui avait asséné un coup de poing sur la nuque. N’ayant pas de cours le jeudi, j’ai décidé de l’accompagner au PSN sans hésiter. J’ai veillé avec elle de 13h30 à 16h30. Sa maman, également enseignante, m’a appelé pour m’informer qu’elle nous rejoindrait après ses cours. À 16h30, elle est arrivée et j’ai alors décidé de rentrer.
Une fois à la maison, j’ai corrigé des copies et préparé mes cours pour le lendemain. Cependant, je n’ai pas eu beaucoup de répit, car des collègues m’ont assailli de coups de fil pour avoir des nouvelles de notre élève. Je leur ai expliqué que j’avais des nouvelles de la maman toutes les heures, mais qu’elle n’avait toujours pas vu le médecin. Mon esprit restait préoccupé, ne cessant de penser à la maman et à notre élève.
Vers 21h, je me suis rhabillé et retourné à l’hôpital. J’ai repéré la voiture rouge dans le parking et suis entré dans la salle d’attente où j’ai reconnu une autre maman avec sa grande fille. Cette dernière m’a aussi reconnu. Elle était là depuis 8h du matin avec son petit garçon, atteint de muguet, une infection qui l’empêchait de manger. En discutant, elle m’a raconté que son fils, gravement malade devait patienter parce qu’entre-temps, de nombreuses urgences étaient arrivées, des blessés récupérés par les ambulances dans divers endroits de la province. Elle m’a décrit même la scène où trois ambulances étaient alignées dans le parking, apportant chacune un blessé tout enveloppé.
Les malades déjà présents dans la salle d’attente devaient encore patienter. Les infirmières expliquaient que le médecin soignait les cas les plus urgents. Toutes les chaises étaient occupées, et d’autres personnes attendaient dans leurs voitures. « Je ne perds pas patience », disaient certains malades, tandis que ceux qui ne voulaient pas attendre, rentraient chez eux à l’idée qu’avec un seul médecin, ils ne passeraient pas leur tour.
Maintenant, il est 23h09 sur l’horloge de mon ordinateur, et je suis enfin rentré. J’ai roulé derrière la voiture de la maman et de sa fille du PSN jusqu’à la maison. La jeune fille n’avait été soignée qu’à 22h, après avoir attendu depuis 13h30 à Koné. Quant à la maman et son fils malade du muguet, je ne sais pas s’ils sont toujours dans la salle d’attente. Cette situation met en lumière la pénurie de médecins en Province Nord et dans toute la Nouvelle-Calédonie. J’espère que l’élève que j’ai amenée à l’hôpital choisira de devenir médecin, mais cela est déjà une autre histoire…
Luevil 74
Nyipici. Eidr (drai kaco 22 sawaan,) eni a drei directrice i Havila ngöne i poos. Djiido. 50ans du collège. Enia meku eësë. Traqani koi epun ke thaseköni ini lo premier trimestre. Hna hnaini e kejë. Itre nekönatr ka huliwa menu. Enehila ena meku Zien Wabet (mecihë angeic) Sië (qa Kejëny) Eqien, Trijikon (Jokin) Nyidro lo ka lolo catr la hna ini, 1ermaine 2ème nge eësë iwaja dernier.
Trucatr minafe la hna mekunelo itre katrusë. Daniel Lapacas, Waxöci qa Hmelek (il vit en France maintenant) Sion qa Siloam.
Itre ka inisë: Gas, Moni-qatr Waitrony, Dridri me Moti-qatr. Ngöne collège: Mlle Pittet, nge thëthëhminehëni lo itre xan ngöne la ijine cili (profs en 6ème)
Classe i 6ème pour lancer le collège: Waej, Petit Paul (droketre) Wakapua, Boni, nenë Trexöne, Paseka…
Patrehë itre xa trejine enehila… Beaucoup de pensées à eux.
Havila 74: ka nango difficile la mel. Cuisine: Qaqa Hnyawane-qatr, Kalis Bako… Surveillants: Monitör Fia BAKO me Pierre Haeweng.
Un grand coup de chapeau koi Drikona Willy ke nyidrë la ka huliwan la umane inisë.
Pensée: Eësë isa cil enehila ngo qa Havila. Havila la socle i eësë. Ketre thaseköni thëthëhmine. Qaanelo eni a tro qa Havila ma alua traqani e cili hmaca. Dernier wajani la ihnadro e cili, lo macatre 2022, qaange hna salon du livre. Qaangekö hna kuci qëmek, une reconnaissance.
Oleti koi nyipë henenöj la kola amekunëni la itre drai cili. Itre drai ka nyipiewekëcatr kowe la melei neköi atre Drehu.
Bon Week-end nge bon jubilé pour Luevil.
Wws.
Sublime poème ‘le train de ma vie’ de Jean d’Ormesson : A la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos parents. Et on croit qu’ils voyageront toujours avec nous.
Pourtant, à une station, nos parents descendront du train, nous laissant seuls continuer le voyage… Au fur et à mesure que le temps passe, d’autres personnes montent dans le train.
Et ils seront importants : notre fratrie, amis, enfants, même l’amour de notre vie.
Beaucoup démissionneront (même l’amour de notre vie) et laisseront un vide plus ou moins grand. D’autres seront si discrets qu’on ne réalisera pas qu’ils ont quitté leurs sièges.
Ce voyage en train sera plein de joies, de peines, d’attentes, de bonjours, d’au revoir et d’adieux. Le succès est d’avoir de bonnes relations avec tous les passagers pourvu qu’on donne le meilleur de nous-mêmes. On ne sait pas à quelle station nous descendrons.
Donc vivons heureux, aimons et pardonnons ! Il est important de le faire, car lorsque nous descendrons du train, nous devrions ne laisser que des beaux souvenirs a ceux qui continuent leur voyage Soyons heureux avec ce que nous avons et remercions le ciel de ce voyage fantastique. Aussi, merci d’être un des passagers de mon train. Et si je dois descendre à la prochaine station, je suis content d’avoir fait un bout de chemin avec vous !
Je veux dire à chaque personne qui lira ce texte que je vous remercie d’être dans ma vie et de voyager dans mon train. »








Laisser un commentaire