Nuelasin n°250 – 28 août 2026

Bozusë, nous vivons actuellement la dernière semaine des mariages à Drehu pour cette année. Les dernières cérémonies se déroulent cette fois dans le district du Wetr. Mercredi, c’était le dernier mariage de l’année dans le district du Lösi. Et comme toujours à Lifou, à peine une période s’achève qu’une autre activité commence.

À Xepenehe, tout le week-end sera consacré à la fête du miel et du santal. Je ne connais pas encore la suite des animations prévues ailleurs sur l’île, mais une chose est certaine : Lifou est une île qui ne s’arrête jamais. Elle vit au rythme des mariages, des fêtes, des deuils, des rencontres et des différentes activités qui rassemblent la population.

Mais derrière cette animation permanente, la population doit aussi faire face à des difficultés bien réelles. Le transport maritime reste un problème majeur, tout comme le transport aérien, avec les perturbations que connaît actuellement Air Calédonie, la compagnie domestique. Ces difficultés ont des conséquences particulières pour les élèves et les enseignants qui doivent reprendre le chemin de l’école après deux semaines de vacances.

À tous les élèves et à tous les enseignants, je souhaite donc une bonne rentrée scolaire. Que cette reprise se fasse dans les meilleures conditions possibles.

Mais je ne voudrais pas terminer cette petite pensée sans avoir une parenthèse particulière pour un ancien élève que j’ai eu au collège de Tiéta. Il nous a quittés alors qu’il n’avait que seize ans. Il revenait d’un mariage où il avait consommé de l’alcool. Il est ensuite tombé dans un coma éthylique et n’a malheureusement pas survécu.

Cette disparition a profondément bouleversé les enseignants et les élèves du collège de Tiéta. La douleur est d’autant plus grande qu’il était le seul garçon de sa famille.

Je m’associe sincèrement à la peine de sa famille et de tous ceux qui l’ont connu. À travers cette tragédie, j’adresse également un message aux jeunes : collégiens, lycéens et étudiants, prenez soin de vous. Soyez vigilants, notamment lors des fêtes et des mariages où l’alcool peut parfois faire oublier les limites et les dangers.

Vous êtes notre jeunesse, vous êtes l’avenir de ce pays. Profitez de votre jeunesse, amusez-vous, participez à la vie de notre très cher pays, mais surtout, veillez les uns sur les autres.

Bon courage à vous tous pour cette rentrée et prenez soin de vous. 

Pour accompagner le vieux Maselo, je propose une série de nuits de la belle Shéhérazade entre les griffes du sultan Shahryar. Bonne lecture et à vendredi prochain derrière le récif. Wws

Dans la petite voiture de Maselo

Mélina — Tu sais, Rosiela… le mariage, c’est beaucoup le cœur. On donne, on donne… et parfois, à la fin, il ne reste plus rien pour la maison. 

Rosiela — Le cœur, oui. Mais le cœur sans frein, ça vide les paniers. 

Mélina — On ne peut pas aimer à moitié. 

Rosiela — Non. Mais on peut aimer avec intelligence. 

Mélina — Tu parles comme les vieilles. 

Rosiela — Elles ont vu des maisons se casser parce que le cœur courait trop vite. 

Mélina — Moi, j’ai peur de retenir. Comme si je trichais. 

Rosiela — Retenir, ce n’est pas tricher. C’est garder de quoi tenir debout. 

Mélina — Pourtant, on dit que le mariage, c’est se donner entièrement. 

Rosiela — Se donner, oui. Se perdre, non. 

Mélina — Tu crois qu’on peut gérer son cœur comme on gère un champ ? 

Rosiela — Exactement. On plante, on arrose… mais on ne coupe pas tout d’un coup. 

Mélina — Donc aimer avec réserve ? 

Rosiela — Avec réserve et avec vue longue. Le don de soi, c’est aussi protéger ce qu’on construit. 

Mélina — Tu es dure. 

Rosiela — Je suis pragmatique. Le cœur est beau, mais la maison doit tenir. 

Il était une fois, dans un royaume lointain, un sultan nommé Shahryar. Trahi par son épouse, il devint méfiant et cruel. Chaque soir, il épousait une jeune femme… et au matin, il la faisait exécuter. Personne n’échappait à ce destin.

Dans ce royaume vivait une jeune femme brillante et courageuse : Shéhérazade. Fille du vizir, elle connaissait d’innombrables histoires, contes et légendes. Horrifiée par les actes du sultan, elle prit une décision audacieuse : elle allait l’épouser.

La nuit de leurs noces, alors que le silence tombait sur le palais, Shéhérazade demanda au sultan la permission de raconter une histoire avant de dormir. Intrigué, il accepta.

Elle commença alors un récit fascinant, rempli de mystère, d’aventures et de personnages extraordinaires. Le sultan, captivé, écoutait sans dire un mot… Mais juste avant l’aube, au moment le plus palpitant, Shéhérazade s’arrêta.

— « La suite… demain, si je suis encore en vie. »

Le sultan, impatient de connaître la fin, décida de lui laisser la vie sauve… pour une nuit de plus.

Et ainsi, nuit après nuit, Shéhérazade raconta une nouvelle histoire, ou poursuivit la précédente, s’interrompant toujours au moment le plus captivant. Les jours devinrent des semaines, les semaines des mois… jusqu’à mille et une nuits.

Peu à peu, le cœur du sultan changea. À travers les histoires de sagesse, d’amour, de justice et d’humanité, il redécouvrit la compassion.

Au bout de ces longues nuits, il renonça à sa cruauté et décida d’épargner Shéhérazade pour toujours.

Et c’est ainsi que, grâce à son intelligence et à la puissance des récits, Shéhérazade sauva non seulement sa vie, mais aussi celles de nombreuses autres femmes.

Depuis ce temps, on raconte encore ses histoires dans le célèbre recueil des Les Mille et Une Nuits… parfaites pour être racontées avant de dormir. 

Shéhérazade 1

Votre commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

En savoir plus sur Association Présence Kanak - Maxha

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture