Dégel du corps électoral (2024) – Analyse de Sylvain Pabouty

Depuis toujours, la France pour sauvegarder ses intérêts se réfère presqu’exclusivement à son droit national et parfois et seulement si, à celui du droit international lorsque cela l’arrange. Une situation paradoxale pour une puissance, membre du Conseil de Sécurité de l’ONU. Mais, cela pouvait-il en être autrement puisqu’elle reste une puissance occidentale, coloniale et impérialiste.

Les exemples concrets par le passé sont légion. Qui ne se rappelle pas du détachement de Mayotte pour que l’île demeure française alors qu’elle fait intégrante de l’archipel des Comores ; un archipel ayant accédant à l’indépendance en 1975 ?

La France a voulu réitérer la même opération en 1980 en organisant en sous-main la rébellion de Santo contre le nouveau gouvernement indépendant ni-vanuatu qui était en train de s’installer. La rébellion a finalement échoué. Sinon, l’île de Santo, francophone, avec un statut semblable à celui de Mayotte…

De son statut de membre du Conseil de Sécurité de l’ONU, à l’instar des autres pays occidentaux, la France a pu abuser d’un droit international, au sortie de la 2e guerre mondiale, en cours d’élaboration et quelque peu laxiste, notamment en ce qui concerne du droit à l’autodétermination, pour faire ses affaires.

C’était l’époque du partage du monde entre les occidentaux vainqueurs de ladite guerre.
Ainsi, la Nouvelle Calédonie, étant une colonie jusqu’en 1946-47, est devenue subitement un territoire français. Un changement de statut comme une lettre à la poste !
Grâce au FLNKS, la Nouvelle Calédonie a pu être réinscrite en 1986 sur la liste des territoires à décoloniser…

Pour éviter à tout prix une accession à l’indépendance de la NC, la France et la droite coloniale ne lésinent pas sur les moyens ; notamment celui du non-respect du droit international, du moins une partie de ce droit.

Il n’est pas, évidemment, inutile de rappeler la décision unilatérale de la France d’organiser le 3e référendum le 12 décembre 2021 au lieu de 2022. Une date demandée d’une manière insistante par les kanak, constituant le peuple autochtone, de surcroît, colonisé en NC. Donc, là, contrairement aux droits des peuples autochtones reconnus à l’ONU, pas de respect…

Afin d’ancrage définitivement la NC en son sein, la France évoque des « exigences démocratiques » pour faire voter lors des prochaines élections provinciales des populations d’une immigration récente, toujours dans le but de « noyer » encore une fois le peuple kanak, une pratique contraire aux résolutions de l’ONU.

En effet, que dit l’ONU sur l’immigration instrumentalisée par les pays colonisateurs ?
« [L’Assemblée générale de l’ONU] Rappelant également que le droit à l’autodétermination, tel qu’il est reconnu par la Charte, doit être exercé en tenant compte de l’ensemble des droits de l’homme et des libertés fondamentales, et que les modifications de la composition démographique dues à l’immigration ou au déplacement de populations ne doivent pas porter atteinte à l’exercice de ce droit, conformément aux résolutions pertinentes de l’Assemblée générale. » C’est la résolution 1541 de l’Assemblée générale de l’ONU, 1960…

Par ailleurs, le 10 décembre 1980, dans le « Plan d’action pour l’application intégrale de la déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux ». l’ONU indiquait que profondément consciente du fait que, vingt ans après l’adoption de la déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, le système du colonialisme continue d’exister dans plusieurs régions du monde, (…) et qu’elle réaffirme au point 4 le droit inhérent des peuples soumis au colonialisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations de lutter, par tous les moyens dont ils disposent, contre les régimes coloniaux et racistes qui répriment leurs aspirations à la liberté, à l’autodétermination et à l’indépendance ;

Annexe (plan d’action)

Et au point 8 que « les Etats membres adopteront les mesures nécessaires pour décourager ou prévenir l’afflux systématique dans les territoires sous domination coloniale d’immigrants et de colons venus de l’extérieur qui bouleversent la composition démographique de ces territoires et peut être un obstacle majeur à l’exercice véritable du droit à l’autodétermination et à l’indépendance par les habitants de ces territoires. » On ne peut plus clair !

Comment avons-nous pu leur laisser croire pendant ces mois de « discussions » en bi et tri latérales, à Paris ou à Nouméa, que le peuple kanak serait d’accord pour se noyer encore dans un peuple calédonien composé en majorité d’immigrés ? Le document-martyr prouve qu’il y a manifestement « foutage de gueule » envers le peuple kanak.

source : https://www.facebook.com/photo/?fbid=7223679277746599&set=a.130367863744478

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