Nuelasin n°230 – 27 février 2026

Bozusë, le temps s’en va, l’heure s’écoule (paroles d’un cantique) et la fin pour ma carrière scolaire s’approche. Plus que quelques semaines. Je suis pressé de partir mais non sans quelques notes nostalgiques. J’ai commencé à Nédivin pour finir à Tiéta. Toujours dans la FELP et avec beaucoup de péripéties. Des hauts et des bas que la vie a mis au travers de mon parcours pour être surmontés. Hourrah ! Une autre vie m’attend pour un autre défi. Je l’assumerai en souhaitant bien sûr un très grand courage à mes collègues enseignants et aux étudiants qui me lisent.

La lecture que je vous propose est un livre de Jean-Marie Creugnet (Bob Cooper) un vieux de chez nous. Félonie. Histoire d’Ataï. Le cœur a ses raisons… complétez. Bonne lecture à vous. Wws

Dans la petite voiture de Maselo

Sesëhni : Tu te rends compte, Hnoga ? Déplacer Air Calédonie à Tontouta, c’est couper Magenta du cœur de Nouméa. 

Hnoga : Trente minutes de route, ce n’est pas la fin du monde. Et Tontouta, c’est un vrai aéroport. 

Sesëhni : Trop grand, trop loin, trop impersonnel. Magenta, c’est pratique. 

Hnoga : Pratique pour toi. Pour les autres, c’est un casse‑tête. 

Sesëhni : Et tu crois que tout le monde veut faire l’aller‑retour jusqu’à Tontouta pour un vol de trente minutes pour les îles ? 

Hnoga : On a besoin d’un service plus fiable, et Magenta ne peut plus le garantir. La piste est plus courte et les avions sont de plus en plus gros.

Sesëhni : On peut moderniser sans tout déplacer. 

Hnoga : Avec quel espace ? On ne peut pas pousser les murs. 

Sesëhni : C’est un symbole, Hnoga. On perd encore de la proximité. 

Hnoga : Mais on gagne en efficacité. 

Sesëhni : Tu simplifies trop. 

Hnoga : Et toi, tu refuses de voir l’évolution. 

Sesëhni : Magenta fait partie de notre quotidien. 

Hnoga : Et Tontouta peut devenir un vrai hub régional. 

Sesëhni : À quel prix pour les habitants ? 

Hnoga : À celui d’un service plus cohérent. 

Sesëhni : Tu défends ça comme si tu étais le gérant de la compagnie. 

Hnoga : Je défends ce qui me semble logique. 

Sesëhni : Et moi, ce qui me semble juste. Plus juste. Je t’assure. 

Hnoga : Pff ! Et on n’a pas fini de nous exploser les méninges. 

Lecture : pendant les vacances, à Nouville, chez mon frère, j’ai passé toute une journée à lire. À lire sans interruption.

Le livre de Bob Cooper – Félonie, que j’ai acheté à la Librairie Calédolivres, le jour où je suis allé dédicacer mes livres. Félonie, un ouvrage consacré à Ataï, le grand révolutionnaire kanak.

Ce livre m’a beaucoup marqué. Il évoque des aspects de la vie d’Ataï qui ne nous sont presque jamais parvenus, en tout cas pas dans notre monde à nous, chez les Kanak. Certaines parties de cette histoire ont été passées sous silence, volontairement ou non.

Ce qui m’a le plus frappé, c’est le récit de la relation qu’Ataï aurait entretenue avec Madame Fournier, veuve d’un militaire, installée près du fort de Fonwhary. Elle occupait une position ambiguë : à la fois proche du pouvoir colonial et impliquée, d’une certaine manière, dans le monde kanak. Le livre la décrit presque comme une traîtresse, une femme influente, mais aussi profondément trouble.

Selon le récit, elle aurait trahi Ataï. Elle aurait informé les militaires de l’endroit où il comptait se retirer, se rangeant ainsi du côté des Blancs, c’est-à-dire de l’armée coloniale. Cette révélation est dérangeante, car elle bouleverse l’image que nous avons transmise de cette période et de ses acteurs. Mais la veuve Fournier apparaît également comme une figure paradoxale : elle aurait fréquenté Ataï, le rebelle, tout en le livrant indirectement à ses ennemis. Une trahison double, intime et politique, qui rend cette histoire profondément perturbante.

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