Bozusë,
On relance la machine. Bonne année et bonne chance à tout le lectorat de Nuelasin.
Allez, je ne vous alourdis pas les méninges. Vous avez dû trop réfléchir pendant les vacances. Bonne lecture et à vendredi. À Tiéta, il fait un superbe soleil et pourtant j’ai suspendu les cours à cause du pont inondé mercredi. L’école inégale. N’est-ce pas ? Wws
En allant à la station, j’ai rencontré une maman dont l’enfant est scolarisé chez nous. C’est sa première année au collège, il est en sixième.
Lundi, nous avons fait la rentrée des élèves de sixième. Le petit était présent, accompagné de toute sa famille. Il était visiblement heureux et excité de commencer cette nouvelle étape.
Mais le soir même, il a beaucoup plu. La rivière est sortie de son lit : ce fut la grande inondation. J’ai dû évacuer l’internat et appeler les parents pour qu’ils viennent chercher leurs enfants.
La maman que j’ai croisée à la station m’a dit : « Vous savez, Monsieur le Directeur, notre petit dernier n’est pas content. Il veut absolument retourner au collège. Il était tellement enthousiaste pour sa première année… »
Ses paroles m’ont rappelé une situation similaire à Hunöj. Un jeune avait dit à son père qu’il était fâché d’être resté trop longtemps en vacances et qu’il voulait vraiment reprendre les cours. Son père, d’un ton ironique, lui avait répondu : « Suulaa, ne parle pas comme ça, c’est une bêtise. Le temps que tu passeras à l’école n’est pas compté d’avance. Peut-être qu’un jour tu voudras tout arrêter pour rester à la maison et aller chasser les roussettes à kolojë au lieu d’aller à l’école. »
Plus tard, j’ai appelé Eha un homme de ma tribu pour lui demander ce qu’il était advenu de ce garçon, s’il était finalement resté à l’école comme il le souhaitait.
Eha m’a répondu qu’il avait quitté l’école — même pas le lycée, mais déjà le collège. Aujourd’hui, il vit à Nouméa et enchaîne les petits boulots. Quant à son père, il est déjà parti de ce monde.
Je pense à lui. C’est ma famille…
Dans la petite voiture de Maselo
Mariella : Kecin, chéri, je pense de plus en plus à retourner vivre à Lifou. Cette île, c’est chez nous, c’est là où nos racines sont profondément ancrées.
Kecin : Mariella, je comprends ce que tu ressens, mais regarde notre vie ici à Nouméa. Les opportunités sont nombreuses, et les enfants ont tout ce dont ils ont besoin.
Mariella : Les opportunités, oui… mais quel prix payons-nous pour tout cela ? Le rythme ici est épuisant. À Lifou, nous aurions une qualité de vie incomparable.
Kecin : Mariella, je ne veux pas prendre de risques inutiles. La vie à Nouméa est confortable. Et Lifou, c’est… différent.
Mariella : Différent, oui, mais c’est une différence qui pourrait nous offrir bien plus. Une vie paisible, et une chance de créer quelque chose qui nous appartient.
Kecin : Créer quelque chose ? Tu veux dire quoi ?
Mariella : Une entreprise. J’ai pensé à un service de gardiennage. À Lifou, ça pourrait marcher, et ce serait notre projet à nous.
Kecin : Un service de gardiennage… C’est ambitieux, Mariella. Et si ça ne fonctionne pas ?
Mariella : Mais si ça fonctionne, Kecin ? Imagine : un avenir construit par nos propres mains, et nos enfants grandissant dans un environnement sain et vibrant.
Kecin : Je ne sais pas… Nouméa offre tout de même plus de garanties.
Mariella : Les garanties ne nous donneront pas la satisfaction de vivre en harmonie avec nos valeurs. Faisons le grand saut, ensemble.
Kecin : Tu es convaincante, Mariella. Et je dois admettre que l’idée de bâtir notre avenir à Lifou… ça commence à me séduire.
Mariella : Alors faisons-le, Kecin. C’est le moment ou jamais.












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