Je publie le texte de Kafka en pensant à une dame qui se reconnaîtra. Elle avait demandé à son papa de lui acheter une montre pour son cadeau de Noël. Son père le lui acheta. Et le soir, à l’heure de la distribution, le père Noël le lui donna. Le cadeau était enveloppé ensemble avec un paquet de gâteaux. Mais la fille, au lieu d’ouvrir le cadeau, l’arracha violemment de la main de son papa et le jeta au loin. Le paquet atterrit dans la mangrove parmi les crabes et les bernard-l’ermite. Elle pleura une bonne partie de la nuit en reprochant à son père de ne pas acheter la montre qu’elle désirait tant. Le papa déçu, la reprenait timidement qu’il lui avait acheté l’objet tant convoité. La petite fille, au milieu des pleurs et des spasmes put tout de même trouver le sommeil. Mais, aux premières lueurs, elle partit voir Anne-Marie sa cousine pour aller chercher le cadeau qu’elle avait jeté la veille. Au milieu des racines d’un palétuvier, des crabes se partageaient les gâteaux pendant que deux hérons se livraient batailles pour avoir la montre accrochée à une branche.
A l’occasion de la préparation du mariage du fils de la grande chefferie de Lösi, je partage la composition de Nutres de Ponoz. Cilejë pour dire debout.
Bonne lecture à vous et à vendredi prochain. Wws
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Hier, en arrivant à la maison, j’ai découvert une pile de feuilles posées sur la table de notre chambre à coucher. En un instant, j’ai pensé à des copies de devoirs. Cependant, nous n’en sommes qu’à la première semaine de la reprise, donc aucun devoir n’a encore été donné. J’ai senti une inquiétude grandir en moi. J’ai jeté un coup d’œil sur la première feuille de la pile : une grille et des numéros m’ont immédiatement sauté aux yeux. C’étaient des feuilles de tombola que ma fille avait apportées pour Élisa et moi.
Je suis resté un moment silencieux. Un homme est tombé dans mon ventre*. Je n’aime pas jouer à ce jeu d’argent que je condamne même. Pourtant, par le passé, quand ma fille faisait ses études à Lille, j’ai eu recours à ce jeu pour lui envoyer plus d’argent afin de financer ses études.
J’ai simplement saisi les feuilles et les ai comptées. Je les ai étalées minutieusement une à une comme un jeu de cartes. Il y en avait dix en tout. Sans un mot, j’ai dit à la vieille d’en acheter cinq, ce qui représentaient 5000 francs. Dix feuilles coûtaient 10 000 francs, une somme que je trouvais élevée. En ces temps difficiles, je dois économiser au maximum, mais je pensais aussi à la personne qui avait donné ces billets de tombola à ma fille. Je me posais beaucoup de questions, car je considère ce jeu comme un piège à nigauds, sachant que je ne gagnerai jamais.
Je suis resté debout, culpabilisant à l’idée de ne rien donner. À l’époque, lorsque j’ai pu récolter de l’argent pour Wawa, d’autres familles se sont privées pour elle. J’ai donc dit à la maman des enfants de sacrifier quelques pesos pour cette famille qui a donné les feuilles de jeux à ma fille …
- Kola mala la atr e kuhu hning : littéralement : Un homme tombe dans mon ventre. Expliquer : expression en drehu : Je me mis à sursauter/je m’étonnai fortement…
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Je voudrais aussi revenir sur mes jours de vacances pour rendre hommage à un grand frère, Hnalain UREGEI, qui est parti dans le monde des ancêtres. C’était un intellectuel de l’île de Toka node, impliqué dans le travail syndical au sein de l’USTKE. De nombreuses personnes lui ont rendu hommage. Je suis allé me recueillir sur sa dépouille à la morgue municipale avant son incinération. J’étais très ému. Adieu, grand frère.
Je souhaite également rendre hommage à un autre frère, Alcide PONGA. Je l’ai appelé après son élection à la présidence de notre gouvernement. Je suis fier de son ascension. Nous avons de l’estime l’un pour l’autre, siégeant ensemble au conseil d’administration de la FELP, où il est trésorier. En ce début d’année, je pense à lui et à d’autres responsables de notre pays, surtout après ce que nous avons vécu en mai 2024. Il est aussi lecteur de Nuelasin. Courage à toi, Morua.
Dans la petite voiture de Maselo
- Salue, jeune homme. Je t’ai vu traîner dans le coin ces derniers temps. Qu’est-ce qui ne va pas ?
- Ouais, c’est ça. Rien ne va. Mes parents ne me comprennent pas. Ils pensent que je suis juste un bon à rien.
- Les parents, hein ? Ils ont parfois du mal à saisir ce que nous traversons. Mais ils veulent sûrement ton bien.
- Bien ? Ils ne voient pas que je suis en colère, frustré. La vie à la tribu est dure. Pas d’emploi, pas d’avenir. Je me sens piégé.
- Je comprends. Mais la délinquance n’est pas la solution. Elle ne fait qu’aggraver les choses. Tes parents veulent te protéger.
- Protéger ? Ils ne savent rien de ma vie. Ils ne voient pas les pressions, les tentations. J’ai besoin de liberté, de comprendre qui je suis.
- Peut-être que tu devrais leur parler. Exprime tes sentiments. Ils t’aiment, même s’ils ne le montrent pas toujours.
- Ouais, ouais. Facile à dire. Ils ne me laissent pas sortir le soir, ne me font pas confiance. Je suis juste un problème pour eux.
- Essaie de voir les choses de leur point de vue. Ils ont peur pour toi. La Nouvelle-Calédonie a ses défis, mais la violence n’est pas la réponse.
- Peut-être. Mais je veux juste qu’ils me comprennent. Qu’ils voient qui je suis vraiment.
- Continue à essayer. La communication est essentielle. Et qui sait, peut-être qu’un jour, ils verront la personne incroyable que tu es.
Cilejë
1) Cilejë cilejë kolo enehila/debout, debout kolo maintenant
Atrunejë lola joxu/glorifie le chef
Cilejë, fia fiajë/debout, danse danse donc
Suenejë jini Vavanë/crie vive Vavanë
Qanehi kolo Hacetranu/depuis kolo Hacetranu
Utihë e Solacic/jusqu’à Solacic
Caina kölö e Atalas/Caina kölö à Atalas
Neibac, Bëikaco/Neibac, Bëikaco
Chœur (Bis)
Cilejë, fia fiajë/debout, danse danse donc
Suenejë, jini Vavanë/crie vive Vavanë
Cilejë, kölö enehila/lève-toi kölö maintenant
Atrunejë lola joxu/glorifie le chef
2) Qanehi, kölö e Agele/depuis, kölö à Agele
La solitude me Ladran/La solitude et Ladran
Ihmahma, kölö e Ponoz/ Ihmahma, kölö à Ponoz
Nairo, Kirikitr/ Nairo, Kirikitr
Melita, fia fiajë/ Melita, danse danse donc
Suenejë, jini Vavanë/ crie vive Vavanë
Chœur (Bis)
Auteur : Nutres de Ponoz
Traduction : Wws












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