I thank Jimmy for reacting to the previous issue of Nuelasin. Bozusë; and my fingers are shaking as I write this line. We will arrive at number 100, something at the beginning which seemed unexpected. The next number is 100, which means next week. I am very happy with your return, with my blood from neighbouring continent. Kiss. Wws
La petite voiture de Maselo
- Bonjour Mme Doudinka. C’est moi que vous voulez voir ?
- Pardon, mais je ne vous dois plus rien Mr Maselo. J’ai tout réglé mes courses du mois dernier mais aussi le retard d’il y a deux mois.
- Eh… même que je vous ai dit de ne plus payer la course de Mme Mariella. Je voulais lui offrir ça, je la connaissais depuis le primaire, on était toute une bande au village. On s’est quitté à cause des événements. Pas ceux de 84 qui ont secoué le pays. Non, plutôt le problème avec le magasin brûlé au village. Ils ont accusé son fils alors que le pauvre n’était même pas à Voh. Il était aux Îles dans la famille, sa belle-famille.
- Personnellement, j’ai un autre souvenir avec elle. C’était sa petite famille qui avait logé ma fille Justine lorsqu’elle finissait ses deux années de Master à Clermont…
- Écoutez Mme Doudinka, vous avez une course gratuite.
- Ça tombe bien, collège de Tiéta pour l’inauguration du nouveau bâtiment…
Ejeihëlai kacong Liva*
Liva est parti en Australie au mois de juillet. Je suis allé lui dire au revoir. Il a remercié mon geste comme de coutume. Son épouse était assise à côté sur une chaise. Elle n’était pas bien. Son instinct maternel augurait que quelque chose de tragique allait venir mais le malade lui, était tout confiant. Il ne m’a donné que des paroles d’encouragement comme quoi il allait revenir de son évacuation sanitaire. Quelques semaines après son petit frère Jön prit aussi l’avion pour le rejoindre dans le continent voisin. Avec lui, j’échangeais des SMS et bien sûr sur les réseaux sociaux. Dans la journée d’un jeudi d’ordinaire, je reçus le message du petit frère comme quoi l’état de santé de Liva s’est beaucoup dégradée depuis 2h30 du matin. Je partis en cours ce jour-là mais ma tête n’était plus entre mes épaules. Au soir avant le dîner, je reçus encore un SMS : « Le frère est en train de partir tout doucement. » Je restai coi avant d’appeler toute la petite famille sous le préau pour leur annoncer la nouvelle. Et le soir du même jour, peu avant minuit, le grand frère Jules m’appela de Nouméa: « Wws, Liva vient de fermer les yeux pour jamais. » Jusqu’au petit matin je n’ai plus trouvé le sommeil. Je faisais le compte des moments que j’ai passés avec lui. Quelqu’un de bien posé dans la vie et avec qui personne n’a jamais eu de souci. Je ne l’étale pas cela par habitude ni par respect aux morts. Je l’écris parce qu’il est comme ça dans sa marche. En témoignent les hommages que nous avons reçus et moi en particulier dans les retours de Nuelasin. Sur les réseaux, je lis aussi des déclarations émouvantes, beaucoup d’aveux sur le parcours du petit frère. Je ne citerais pas les nombreuses condoléances qui nous sont arrivées là-bas à la maison, lieu du deuil de Liva. Celles de la famille mais aussi des amis venus à grosses larmes apporter le bouquet de pensées. Voilà déjà la deuxième semaine que le petit frère est parti et le silence a fini par faire son effet. Vide. Mais il nous emplit. Il nous absorbe. Pas le silence physique de nos vies mais celui du début de la fin auquel nous n’avons pas envie d’y penser.
Désormais, nous n’attendons plus le corps dans la bière mais les cendres dans une urne funéraire. Un deuxième choc pour Hunöj. La première incinération fut faite selon la volonté de la défunte puisqu’il s’agissait d’une femme mais pour le cas échéant, nous avons été obligés de nous contraindre à l’évidence. Le petit frère durant son hospitalisation australienne a contracté un virus qui obligeait les services sanitaires à incinérer le corps avant de nous le restituer. Voilà la triste réalité pour notre famille, notre clan et Hunöj. Le week-end passé, nous nous sommes réunis chez le grand frère Jules au 6ème kilomètre pour discuter de la ligne à tenir parce que la situation n’est pas courante, surtout que nous avons peur des oncles maternels. Quelle coutume leur présenter et quelles paroles allons-nous leur donner ? Je me fais petit et j’adresse mes plus profonds respects à eux et à ceux et celles qui ont connu le petit frère en souvenir de sa mémoire. Hommages !
*adieu mon petit frère Liva
Mardi soir 2 août
En ce moment, j’arrive de Xujo où je suis allé apporter le soutien à un beau-frère. Son frère qui vit à Tahiti, est parti à tout jamais rejoindre le monde des aïeuls. Là-bas, nous avons aussi évoqué le souvenir du petit frère de Hunöj. Lui, c’était en Australie qu’il a quitté ce monde. Mais, il y avait aussi un autre, un beau-fils de la vallée d’Amoa (Poindimié) qui nous a quitté la semaine dernière. C’était dans les crues de la rivière de sa vallée qu’il a rendu son âme. Demain, j’irai apporter les paroles d’encouragement à ma fille dans cette vallée comme je l’ai fait à Xujo tout à l’heure. Ces départs ne doivent pas en aucun cas nous entraver la marche. Ils sont des épreuves que nous devons surmonter. Elles doivent nous donner encore plus de courage pour affronter la vie. Elles sont des stimuli à différents degrés de nos vies. Au bout du compte, nous allons toujours nous rendre compte que la vie est belle et qu’elle mérite vraiment d’être vécue. Ma mère disait: « Watrengë, quand tu te rendras compte que la vie n’a pas d’équivalence… Tu ne t’ennuieras jamais du reste. » C’est à ces hommes partis dans la fleur de l’âge que je dédie ce numéro 99 de Nuelasin.
Chantons le taperas. Traqa ha nyipë Kaka
1 – Traqa ha nyipë Kaka qangöne la nöjei drai
Troa wai ni e kalabus hna othe hnene la meci
Nge öninge ka palaha troa wai ni wezipo
Nge nyipëti a goeëni a tha ceitu shë kö
Ch – Ekölöhini pitronia ce madrinejë la madrine thei nyipunieti
Ke liberté nyipë ë ë e troa tro koi ketre nöje
Pitroni a ceitu me nyipë troa liberté ngo hna wathebo ni pe
2 – Atre hë nyipë kaka la pengöne la Cila
Ga catrehnine wathebo me itre nyine axouene
Ngo qane la tru ihnim troa löjë e Cila
Matre fe koi angeice lola Paradraiso
3 – Ase hë nöje Drehu tha öhne la hace e Cila
Ngo Cila nyipi Drehu kola treije me awe
Ohnë hë Drehu e France me e Kaledonia
Drehu loie pane hnimi ni hnei nyipunie
Traduire (dans le numéro 100)








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