Nainville-les-Roches, 40ème anniversaire

À l’occasion du 40è anniversaire de la table ronde de Nainville-les-Roches, une conférence-débat publique a été organisée le mercredi 12 juillet 2023 au congrès de la Nouvelle-Calédonie.

Déclaration finale de la table ronde de Nainville-les-Roches, 12 juillet 1983

A l’initiative de Georges Lemoine, Secrétaire d’Etat aux DOM-TOM du Gouvernement de Pierre Mauroy (1981-1983), les principales sensibilités politiques de la Nouvelle-Calédonie se sont réunies durant cinq jours, du 8 au 12 juillet 1983, à Nainville-les-Roches, petite commune de l’Essonne située à une quarantaine de kilomètres au Sud-Est de Paris. Dans le cadre de la préparation d’un nouveau statut politique, les représentants du Front Indépendantiste (FI), du Rassemblement Pour la Calédonie dans la République (RPCR) et de la Fédération pour une Nouvelle Société Calédonienne (FNSC) ont été invitées à la mise en confrontation de leurs idées, de leurs positions et de leur vision respective au sujet de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie.

I. Volonté commune des participants de voir confirmer définitivement l’abolition du fait colonial par la reconnaissance à l’égalité de la civilisation mélanésienne et la manifestation de sa représentativité par la coutume dans les institutions à définir.

II. Reconnaissance de la légitimité du peuple kanak, premier occupant du Territoire, se voyant reconnaître, en tant que tel, un droit inné et actif à l’indépendance, dont l’exercice doit se faire dans le cadre de l’autodétermination prévue et définie par la Constitution de la République française, autodétermination ouverte également, pour des raisons historiques, aux autres ethnies dont la légitimité est reconnue par les représentants du peuple kanak.

III. Favoriser l’exercice de l’autodétermination est “une des vocations de la France” qui doit permettre d’aboutir à un choix, y compris celui de l’indépendance. Il faut préparer cette démarche vers l’autodétermination qui sera le fait du peuple calédonien défini par la logique ci-dessus admise, lorsqu’il en ressentira la nécessité. Pour préparer cette démarche, chacun est conscient qu’il faut élaborer un statut d’autonomie interne qui sera spécifique, qui sera évolutif et qui marquera donc une phase de transition en prenant en compte les données politiques et économiques car il n’y aura de développement économique qu’avec la stabilité politique.

Les délégations calédoniennes ayant participé à cette table ronde :

  • pour le R.P.C.R : Victorin Boewa, André Caillard, Georges Faure, Jacques Lafleur, Jean Lèques, Auguste Parawi-Reybas, Dick Ukeiwé, Atélémo Taofifenua et Yves Tissandier ;
  • pour la F.N.S.C : Jean-Pierre Aïfa, Christian Boissery, Lionnel Cherrier, Gaston Morlet.

Etaient également présents : Hilarion Vendegou, représentant du Conseil des Grands Chefs, Franck Wahuzue, secrétaire de ce Conseil et dissident du R.P.C.R et Marie-Paule Serve, dissidente du R.P.C.R et invitée personnelle de Georges Lemoine.

Une initiative du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie

Reconnaissance de la légitimité des uns et des autres. La table ronde de Nainville-Les-roches, qui s’est déroulée du 08 au 12 juillet 1983 dans la ville du même nom, réunissait le FLNKS, le RPCR et la FNSC. Ces cinq journées d’échanges, dans un contexte de climat social et politique de fortes tensions dans les années 1980 dans le pays, auront été marquées par des avancées historiques contenues dans la déclaration finale de cette table-ronde, à savoir la reconnaissance de la légitimité des uns et des autres.

Cette conférence-débat s’inscrit dans la volonté de l’Exécutif de construire un avenir partagé par une « démarche mémorielle ». Comme l’a formulé le président Louis Mapou dans sa déclaration de politique générale : « La reconquête de l’histoire est une démarche permanente qui se nourrit de grands évènements qui font sens du point de vue de la construction identitaire. Il semble difficile de se contenter d’invoquer simplement, comme une incantation, l’unité dans la diversité, le lien d’appartenance au pays, le vivre ensemble ou encore le destin commun. Il faut passer le cap de le faire, sans attendre […] ».

Dans la continuité de cette conférence-débat, un livre mémoriel de 200 pages sera publié par trois jeunes historiens et géographes calédoniens, Pierre-Christophe Pantz, Paul Fizin et Jean-Krist Ukeiwé, sous la houlette de leurs pairs, Olivier Houdan, Louis-José Barbançon, Frédéric Angleviel et Luc Steinmetz. Cet ouvrage, collectera les témoignages d’une vingtaine d’acteurs issus du milieu politique, scientifique et de la société civile. En complément de cet ouvrage, une exposition itinérante de huit panneaux historiques sillonnera les trois provinces.

Déroulé de la conférence :

  • Présentation historique et rappel du contexte, par l’historien Olivier Houdan
  • Témoignages des participants de la table ronde ou ayant participé au déplacement de Nainville-les-Roches : Jean-Pierre Aïfa (Président de l’Assemblée Territoriale et Président de la FNSC), Christian Boissery (Chef de Groupe de la FNSC) et Yves Tissandier (Secrétaire Général du Conseil de Gouvernement).
  • Présentation du projet d’ouvrage dédié à cette table ronde, par l’historien Jean-Krist Ukeiwé

Déclaration finale et notes de séance – Nainville-Les Roches – Table Ronde- 1983 :

sources :

congrès de la Nouvelle-Calédonie

http://caledonitude.overblog.com/

https://www.lindependant-knc.com/blog/documentation/nainville-les-roches-table-ronde-1983.html

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