Mais pourquoi fait-on la Coutume ?

Pourquoi fait-on la coutume ? Est-ce que le Geste Coutumier est incontournable ? S’il y a un un rite indispensable à savoir pour quiconque voudrait se rendre sur le territoire d’un Village Canaque ou en général Océanien : c’est le geste coutumier.

Hilaire Gire, ancien président du Haut conseil de la Polynésie française, dit de la coutume « qu’elle est l’ensemble des règles non écrites qui déterminent les modes relationnels ».

La coutume est en fait un code régissant les relations sociales, et à chaque situation correspond une coutume. On « fait la coutume » à l’occasion de grands événements, qu’il s’agisse de la récolte de l’igname, de la mise à l’eau d’une pirogue, de l’installation du poteau central de la case, des mariages, des naissances, mais aussi des deuils : sans cette coutume, l’acte n’a pas d’existence reconnue, il n’est pas officialisé. Lors d’une visite, l’étranger fait aussi la coutume.

Le Vieux Jacob Winemou, petit-chef de la tribu de Gohapin explique : « Dans toutes les civilisations du monde, il faut faire un geste lorsque l’on vient chez quelqu’un. Dans le monde kanak, c’est la même chose. La première chose à faire en arrivant en tribu est de se rendre à la chefferie pour dire bonjour, pour se présenter, pour demander l’autorisation de fouler le sol. Une fois que le chef, ou le président du conseil des anciens, a reçu ce salut, il souhaite à ses hôtes un bon séjour ».

La cérémonie coutumière est un moment solennel où s’échangent à la fois la parole et les objets. Cet échange est le signe du respect que chacun voue à l’autre, et du respect par l’étranger des traditions et des règles de la tribu qui le reçoit. Le porte-parole du groupe accueilli offre alors ses présents : il s’agit forcément d’un bout de tissu, le manou, dans lequel sont traditionnellement enveloppées des ignames, symbolisant la virilité, l’honneur et l’union entre les clans, et de la monnaie.

La monnaie canaque n’est pas un moyen de paiement, contrairement à ce que son nom peut laisser penser, mais un objet social et symbolique.

Patrice Godin, dans son ouvrage « De jade et de nacre, patrimoine artistique kanak » paru en 1990, explique :« Ni équivalent universel, ni moyen de circulation, ni même unité de compte, la monnaie de perle kanak est, selon l’heureuse expression de Maurice Leenhardt, un « sceau ». Sa valeur se manifeste dans la marque éminente qu’elle imprime aux échanges cérémoniels et aux diverses relations sociales qu’ils sanctionnent ». Le plus souvent, il s’agit d’une cordelette de coquillages, d’os et de poils d’animaux, dont la fabrication reste secrète et ne se transmet qu’entre privilégiés. La tête ou la bouche, la partie la plus importante de la monnaie, est généralement tissée ou sculptée ; son corps est constitué des os d’une roussette ou d’un lézard ; sa queue, ou ses pieds, est ornée de poils de roussette. Le tout est enroulé dans un petit étui en feuilles tressées, qu’on appelle la maison de la monnaie.

Il existe des monnaies blanches et des monnaies noires, comme l’explique Belao Wedoi, petit-chef de la tribu Daakuruk à Hienghène : « La monnaie noire c’est la plus recherchée : on dit qu’elle exprime la haute société ; tandis que la blanche exprime la couche sociale intermédiaire. À Hienghène, on dit que la monnaie noire est à l’origine de la monnaie et elle va à l’origine de l’homme, avec l’ancêtre. Elle est faite avec des matériaux différents, ou alors des matériaux teintés. La monnaie noire est utilisée par les chefs, les porte-parole, les gens sur un degré un peu haut. Elle représente les aînés ».

On trouve d’autres monnaies traditionnelles, comme le collier en perles de jade, la jupe tressée ou la hache ostensoir. Cette dernière est un symbole de puissance et ajoute au prestige de l’orateur qui la brandit. Chaque monnaie possède ainsi une signification particulière. Elle est un objet sacré, d’une grande valeur, puisqu’elle symbolise l’échange et l’union.

Toutefois, la coutume actuelle, à l’exception des très grandes cérémonies, ne se fait quasiment plus avec des monnaies traditionnelles, mais sont remplacées par de la monnaie fiduciaire, c’est-à-dire des billets en francs pacifique. Le tabac, les denrées alimentaires et quelques objets-souvenir apportés par les visiteurs complètent le geste coutumier. Une fois le don posé devant soi, le porte-parole explique la raison de son geste. Le chef saisit le don en signe d’acception et fait un contre-don en retour, composé lui aussi de tissu et de monnaie. Vient ensuite le temps de la « parole », un discours au cours duquel chacun des deux hommes glorifient leur entente, racontent leur histoire et rappellent les liens, s’ils existent, qui ont pu exister entre leurs ancêtres respectifs.

Voici la parole prononcée par un oncle utérin à l’occasion de la naissance de son neveu : « Je reçois votre parole, je vous remercie de vos trésors et j’accepte vos vivres de taros et d’ignames, d’anguilles et de poissons. Béni soit notre neveu et que son totem soit porté haut. Qu’il ait les entrailles libres, l’oreille fine, l’oeil clair, les membres forts, l’oeil perçant, que sa tête soit solide comme le rocher. Que ses pères et grands-pères exaltent son souffle, eux qui l’ont donné et remis en vertu de la parole qui va et vient comme le flux et le reflux, dans le clan de ses oncles maternels. J’ai dit ».

source : https://www.facebook.com/groups/1806915246190331/search/?q=pourquoi%20fait%20on%20la%20coutume

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