Yvette Bouquet est née en 1955, elle a grandi en tribu près de Bourail. Dès son enfance elle a été envoûtée par la culture de ses ancêtres: les chambranles des cases, les sculptures, et les flèches fétiêres tribales. Lors de ses baignades au barrage avoisinant la tribu, elle découvre les pétroglyphes gravés sur des rochers. Elle réclamait alors à ses grand parents les récits de ses ancêtres. Toutes ses oeuvres baignent dans cet univers heureux et magique.
Yvette Bouquet a grandi en tribu près de Bourail, en Nouvelle-Calédonie. Son père, premier instituteur mélanésien l’emmène au gré de ses mutations territoriales. Elle découvre les graphismes premiers de la gravure sur bambou, des pétroglyphes et s’approprie le vocabulaire visuel de ses ancêtres pour le confronter aux problématiques contemporaines. Les usages et les habitudes représentées en images célèbrent ainsi le quotidien et incarnent l’aventure du foyer. Comme si cueillir, pêcher, se reposer, allaiter, danser, caresser un chien… toutes ces activités normales, voire banales, donnaient un sens profond à notre vie. Cette sacralisation de l’intime, le respect des rituels et des gestes d’amour transgressent l’apparente identité ethnique pour prendre corps dans l’universalité des cultures.
Pendant de nombreuses années,elle a tenté, sur les conseils de sa famille, de trouver un travail » normal « , avant d’être rattrapée par sa passion naturelle pour les arts et de devenir une peintre professionnelle désormais reconnue à Nouméa.
C’est dans un univers propice au développement de son imagination qu’elle grandit. Son père et son frère dessinant et sculptant » pour le plaisir « , c’est surtout vers les oeuvres de ses aînés, qui remplissent la véranda de la maison familiale de Pothé près de Bourail, que son regard se tourne dès l’âge de 7 ans.
L’artiste naît alors et développe son don les années suivantes. D’abord à Houaïlou, à l’internat où ses notes supérieures à celles de ses camarades en dessin lui permettent de compenser des résultats plus moyens obtenus en maths ou en français. C’était avant Gomen et sa première exposition.
Pour le certificat de fin d’études, son professeur d’arts plastiques accroche son tableau fait en éléments naturels, sa première fierté d’artiste. Entre l’adolescence et la vie adulte, elle visite toutes les expositions qu’elle peut pour demander des conseils aux artistes. Des rencontres qu’Yvette fait sans même penser à devenir artiste puisqu’elle se destine à devenir enseignante, comme son père.
Au début des années quatre-vingt-dix, elle intègre la première promotion de l’Ecole d’arts de Nouméa et progresse grâce aux professeurs et au matériel mis à la disposition des élèves.
Yvette commence alors sa vie d’artiste professionnelle, exposant avec des artistes confirmés, au milieu desquels elle se sent » toute petite « , ou avec ses copines de l’école avec qui elle crée l’association Djino Wa (esprit du pays). Elle s’envole au Vanuatu ou aux îles Cook, échanger avec des artistes locaux, et vend ses premiers tableaux.
Yvette découvre rapidement que les droits des artistes calédoniens ne sont pas respectés. Dans les boutiques et même au centre culturel Tjibaou, elle tombe sur des reproductions de ses oeuvres, vendues sans qu’elle soit consultée ni même rémunérée. Elle crée alors l’association Cas’Art en 2000, qui soutenu par les médias a pu mettre fin au pillages des oeuvres des artistes du Pays.
Désormais elle fait se conjuguer ses deux passions : l’art et l’enseignement.
L’artiste a été décorée Chevalier des Arts et des Lettres.

sources : les nouvelles calédoniennes – https://yvettebouquet.canalblog.com/ – NC 1ère –
photo : facebook




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