Par Louis-José Barbançon
Au moment de l’arrivée des Européens en Nouvelle-Calédonie, il y avait les Kanak, leurs mythes, leurs terroirs, les tertres sacrés, les cimetières dans les banians, les billons d’ignames, les tarodières, les cases en ruches d’abeilles, les flèches faîtières à la pointe effilée comme la queue d’un lézard.
Le premier contact avec les Européens a lieu le 4 septembre 1774. Ce jour-là, les Kanak de Balade découvrent James Cook, son équipage et son navire ; simultanément, James Cook et son équipage découvrent les Kanak et leur pays.
Tels sont les faits, même si, plus de deux siècles après, l’on continue à propos de cette date d’évoquer la découverte de la Nouvelle-Calédonie par James Cook. C’est toujours la version européocentrée qui prédomine.
La notion de « découverte mutuelle » aurait le mérite de montrer clairement le passage d’une découverte unilatérale à une découverte commune non pas simplement d’une terre mais de deux mondes, de deux civilisations.
Pourtant, le fait que cette version ne soit toujours pas admise par une grande partie de la population en dit long sur le contexte du pays.








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