Nuelasin n°218 – 26 septembre 2025

Entre souvenirs et solidarité 

Hier (samedi 06 septembre 2025), je me suis levé aux aurores à Tiéta pour rejoindre la famille à Bangou, une commune nichée dans la région de Païta. L’objectif du jour : couper du bois pour le mariage d’un jeune de Hunöj. En route, je me suis arrêté à Bourail pour appeler Eha, le papa du futur marié. Il m’a répondu depuis la piscine de Koutio, où il attendait le reste du groupe avant de prendre la route. Il voulait m’expliquer le chemin, mais je l’ai interrompu : je connaissais l’endroit. Une cousine de ma mère y est mariée, et j’y allais souvent dans ma jeunesse.

Ce lieu est chargé de souvenirs. Je me rappelle d’une année où un avion ayant transporté le général de Gaulle s’était écrasé sur les montagnes dominant l’aéroport international de La Tontouta. Depuis la route principale, on pouvait apercevoir un point blanc accroché au flanc de la montagne. Hier, j’étais justement au pied de cette montagne majestueuse. Le paysage était à couper le souffle.

La journée s’est déroulée dans une ambiance de travail et de camaraderie. Tandis que les jeunes s’activaient à tronçonner les troncs sous les feuillages des gayacs, je me tenais à leurs côtés, plus pour leur tenir compagnie que pour manier la scie. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de prêter main forte pour charger les bennes des pick-ups. D’un 4X4 en particulier. J’étais impressionné par Georgy, un neveu qui manipulait les troncs avec une aisance incroyable. Il chargeait son véhicule comme s’il s’agissait de la benne d’un camion. Un autre jeune m’a raconté que Georgy avait déjà sorti un bus embourbé lors d’un mariage, comme s’il s’agissait d’un simple jouet. 

Le ciel, lui, jouait à cache-cache avec le soleil. Une pluie fine tombait par intermittence, nous obligeant à chercher refuge sous les feuillages. Malgré cela, nous avons atteint notre objectif : une belle quantité de bois ramassée et acheminée jusqu’à Païta.

En fin de journée, la grosse pluie s’est invitée, mais nous étions déjà en route vers un repas chaleureux préparé par Adélaïde, la maman du futur marié et les filles de la maison. Vers 20h, je partais pour Nouméa avec Pitol, un autre neveu et retrouver ma fille chez mon frère. Une nuit paisible et douce m’attendait, comme un rêve bien mérité après une journée pleine de souvenirs, d’efforts et de tendresse familiale. 

Dans la petite voiture de Maselo

[A l’ombre du flamboyant devant la poste du village, le taxi de Maselo ronronne doucement. Lorraina monte, visiblement exténuée, un sac débordant de papiers sur les genoux.]

Maselo (souriant) : Longue journée, hein madame la prof ?

Lorraina (soupire) : Trois heures de réflexion sur les pulsions de mort. Et toujours cette apologie voilée du suicide. C’est insupportable.

Maselo : Apologie ? C’est pas un mot un peu… fort ?

Lorraina (relevant le menton) : C’est un échec sociétal, rien d’autre. Une démission morale. Se tuer, c’est abandonner les autres.

Maselo : Peut-être… ou peut-être qu’on ne connaît jamais vraiment la tempête dans le cœur des gens.

Lorraina : Justement ! On doit enseigner à tenir, à lutter, pas à céder. Ce n’est pas une option honorable.

Maselo (calmement) : Vous avez des enfants, madame ?

Lorraina (surprise, un peu piquée) : Non. Pourquoi ?

Maselo : Parce que parfois, quand tu vois ton enfant sombrer sans pouvoir l’aider, tu comprends que des fois… les mots, les principes, ça suffit plus.

Lorraina (regardant par la fenêtre) : Et donc ? On baisse les bras ?

Maselo : Non. On écoute. On juge moins. On aime plus.

Lorraina (après un silence) : Vous avez perdu quelqu’un, Maselo ?

Maselo (regard fixe) : Mon neveu. Dix-sept ans. Un rire qui illuminait la tribu. Parti sans bruit.

[Silence pesant. Le taxi ralentit devant une ornière.] Avant Oundjo. 

Lorraina (doucement) : Merci pour la course… et la leçon.

Maselo : C’est vous qui enseignez, madame.

Pour accompagner le vieux Maselo, je vous offre la trajectoire historique de Hey Jude (en vogue en ce moment) comme œuvre emblématique des Beatles. Je dédicace le morceau plus particulièrement à hmii Kaudre de Atomik et à Julia Danielle Guaenere. Deux lecteurs (choisis comme ça) de Nuelasin par delà monts et merveilles. 1968 année de sortie du morceau, ils étaient certainement adolescents. Les Beatles ont dû chavirer leur tête… C’est pas vous ça ? Bonne lecture à vous de la vallée où il fait de plus en plus jour tôt. Wws

Hey Jude

Paul Mc Cartney est le compositeur de Hey Jude, bien que la chanson soit officiellement créditée Lennon/Mc Cartney, comme toutes celles des Beatles écrites par l’un ou l’autre membre du duo. Genèse et inspiration

Au printemps 1968, John Lennon se sépare de son épouse Cynthia. Paul Mc Cartney, proche de la famille, compose la chanson pour réconforter leur fils, Julian. Le titre provisoire était “Hey Jules”, avant d’être modifié car “Hey Jude” sonnait mieux selon Mc Cartney. John Lennon a cru un temps que la chanson parlait de sa relation avec Yoko Ono, mais Mc Cartney a confirmé a posteriori qu’elle était destinée à Julian.

Écriture et enregistrement

Mc Cartney commence à élaborer la chanson sur la route vers la maison de Cynthia et Julian à Weybridge. Le morceau démarre au piano et à la voix, sur une progression d’accords majeurs, avant de se déployer en une coda très longue où chœur et percussions prennent le relais. Des anecdotes de studio entourent l’enregistrement: la batterie n’entre qu’après environ 50 secondes — un retard souvent attribué au fait que Ringo Starr était brièvement absent —, et l’on peut entendre un “oh!” suivi d’un “fucking hell!” à 2:56, laissé au mix final. La coda a mobilisé un orchestre de 36 musiciens, invités à frapper dans leurs mains et chanter; certains auraient négocié un double salaire, quand d’autres ont refusé de participer.

Sortie et performance commerciale

Parue en single le 26 août 1968 aux États-Unis, puis quatre jours plus tard au Royaume-Uni, Hey Jude est le premier 45 tours des Beatles publié sur leur label Apple Records, avec Revolution en face B. À sa sortie, c’est la plus longue chanson à atteindre la première place du hit-parade britannique, et elle y reste deux semaines, tout en totalisant seize semaines de présence dans les classements. Aux États-Unis, elle occupe la tête du classement pendant neuf semaines, un record pour un single des Beatles. Elle devient leur plus grand succès mondial en 45 tours, numéro un dans onze pays, dont la France.

Structure musicale et particularités

Après quatre couplets, la chanson s’étire dans une coda de près de quatre minutes (“na, na, na, nananana…”), portant la durée totale à plus de sept minutes — exceptionnel pour un single en 1968. Pour loger l’intégralité du morceau sur un 45 tours, les techniciens d’EMI ont comprimé certaines parties de la bande. Cette ampleur formelle, combinée à un message de consolation simple et direct, a contribué à son effet cathartique et à sa longévité culturelle.

Importance et héritage

Hey Jude cristallise l’empathie mélodique de Mc Cartney et l’évolution lyrique des Beatles vers des thèmes plus intimes et universels au tournant de la fin des années 1960. Le morceau illustre la capacité du groupe à transformer une situation personnelle en hymne collectif, où la coda devient un moment de communion — un modèle souvent imité depuis. 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

En savoir plus sur Association Présence Kanak - Maxha

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture