Uzob. Et bonne lecture. Sww
Dans la petite voiture de Maselo
- Bonjour Mme Delphine. C’est votre fille qui m’a dit de venir vous attendre. Vous avez beaucoup de bagages mais surtout plein de souvenirs. Vous revenez de Drehu, elle m’a dit que vous êtes allée passer une semaine là-bas pour les célébrations des cent ans de Havila.
- Cent ans. Vous imaginez Mr Maselo. Je suis vraiment subjuguée de cette performance. Je ne sais pas si on peut parler de performance. Tiéta, c’est bientôt trente ans, l’année prochaine. Mais, je ne désespère pas. J’espère que les générations futures vont prendre soins de notre collège. Surtout qu’on connaît la formule. Mais j’ai entendu dans les discours que la FELP et l’église avaient été formées avant l’église autonome et l’ASEE. Ben oui mais la question maintenant n’est pas de dire qui a été formée avant qui. La question est surtout de s’inscrire sur la durée. Et moi je crains pour nos écoles.
- Tout à fait d’accord avec vous Mme Delphine. Faut que la jeunesse soit bien consciente des enjeux à venir.
- J’ai un grand respect pour le vieux Ngönemek. Le fondateur de cette école. Je ne sais pas s’il était conscient que Havila allait un jour avoir cent ans.
À une inconnue: Avec mon frère, nous allions dans une boulangerie pour acheter du pain que nous allions distribuer après à nos familles qui vivent à Ducos. Une action de grâce qu’il accomplissait habituellement. Après la distribution nous retournions à la maison chez lui à Nouville pour nous préparer au culte du Mont des Oliviers.
Alors que j’attendais Yamele dans la voiture, une dame sortit du véhicule qui était garé derrière nous. Elle longea le trottoir, passa à côté de moi pour rentrer dans la viennoiserie. Une grande dame, svelte, une femme qui m’éclaboussa par la beauté. Une européenne dans une robe popinée. Mais au lieu de rentrer dans la boulangerie-viennoiserie, elle s’arrêta nette sur l’avant de ma voiture, pivota sur elle-même, oscilla et revint sur ses pas. Je la suivais en m’assurant que je n’étais pas épié à mon tour. Son charme était absorbante. Elle touchait tout mon être. J’étais pendu à ses lunettes qui dessinaient le contour de ses yeux. Elle était maintenant dans mon rétroviseur. Mais je la perdis de vue. Elle n’était plus dans mon champ de vision. L’image changea férocement. Celle que j’avais maintenant en gros plan, fut celui de son mari. Un gros barbu. Un vilain. Pff! (J’avoue que j’étais un peu jaloux.) La morale et les grandes pensées qui m’animaient, il y a peu, qui allaient même jusqu’aux étoiles, s’effritèrent et tombèrent en désuétude. J’en souriais. « On peut aimer une amie autant que sa femme, la passion n’a pas de limite. » Qui c’est qui a dit ça ? Kölö la mel. Tretre Qabue !
A une passante
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair… puis la nuit ! – Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?
Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !
Baudelaire (1821-1867)












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