L’enseignement en Nouvelle-Calédonie

En 2012, la Nouvelle-Calédonie est devenue compétente en matière d’enseignement secondaire public et pour le primaire et le secondaire privé.

En 2019, le Congrès de la Nouvelle-Calédonie a adopté la réforme de l’enseignement primaire. Cette réforme s’inscrivait dans la lignée des discussions destinées à bâtir une école calédonienne afin notamment de gagner en cohérence entre le primaire et le secondaire.

Après deux années d’expérimentation, cette réforme entre en vigueur en 2021.

Le succès de cette réforme ne sera réel que si certains points sont pris enfin en considération :

1°) Le français n’est pas la langue maternelle pour près de la moitié de la population. Cette spécificité devrait être prise en compte dans la façon d’enseigner le français. Par ailleurs, les parents ne peuvent pas toujours accompagner leurs enfants. Beaucoup trop d’enfants sont encore aujourd’hui confrontés à ce problème. Ils arrivent en classe primaire et ne parle pas le français. Le calédonien parle un créole qu’il est important d’identifier. Ainsi, les « en », « an » sont prononcés « on ». La plupart des enfants calédoniens l’ont bien compris et écrivent ce qu’ils entendent. Ainsi, le moment devient le « momont ». L’enfant ne fait pas d’erreur. Il écrit en créole. La notion d’espace créé des problèmes de compréhension également. On dit qu’on descend à Koné quand on part de Nouméa, et on monte à Nouméa quand on vient de Koné.

2°) L’éducation océanienne est basé sur le respect, l’autonomie et l’exemple. L’enfant océanien travail avec les parents, va à la pêche, à la chasse, aux champs avec eux. Il vit dehors et c’est une excellente chose car cela permet le développement cognitif de l’enfant, primordiale pour la suite des apprentissages. Le hic intervient dès l’école primaire où l’enfant doit rester assis 8 heures et à qui on dit qu’il ne sait rien. Ce qui est faux vu tout ce qu’il sait faire dans son environnement familial. L’enfant kanak baisse toujours les yeux en signe de respect. Peu d’enseignants prennent en compte ce comportement par manque de connaissance bien souvent. Voilà une différence culturelle qui pose beaucoup de problèmes et génère des conflits. La pédagogie Montessori, y compris sa dimension spirituelle, est tout à fait adapté à la culture océanienne : rythme de l’enfant respecté, apprentissages autonomes, éducation par l’exemple pour ne citer que les plus importants.

3°) Des études anthropologiques et sociologiques commencent à démontrer que la violence éducative en milieu kanak (L’asticage) a été imposée par les missionnaires, comme tant d’autres méthodes éducatives. Auparavant, en milieu kanak, l’enfant était respecté dans ses rythmes et apprentissages. Il n’y avait pas ou peu de violences éducatives, comme dans la plupart des cultures océaniennes. La communication non violente devrait impérativement faire partie de la formation des enseignants. Il est même impératif que la Nouvelle-Calédonie signe la convention des droits de l’enfant et fasse voter une loi contre les violences éducatives ordinaires.

4°) Il n’y a pas assez d’enseignants Kanak. Ce constat est criant. Il est temps de promouvoir ce métier auprès de la jeunesse Kanak. Les écoles de préparation au métier de professeur des écoles devrait être ouvert en priorité aux locaux, plus à même de comprendre la culture des enfants du Pays. Les nouveaux arrivants souhaitant enseigner ou devenir enseignant devraient avoir dans leur cursus un module « Compréhension de la culture locale ».

5°) L’apprentissage est à privilégier. Suivre l’exemple du cas australien, un de nos proches voisins, est une bonne option. N’inventons pas le fil à découper le beurre. De nombreux jeunes aimeraient travailler dans les métiers de la protection des océans, du littoral, des terres. De trop longues études leur font peur. L’apprentissage serait un moyen de leur ouvrir des portes dans des milieux professionnels auxquels ils n’auraient pas osé penser en faire partie. C’est de plus un des fondamentaux des tribus : chaque tribu a en charge la protection d’un lieu naturel.

6°) Concernant l‘enseignement des langues Kanak, le travail est en cours. Imparfait car les enseignants en ELK n’ont pas ou peu de moyens : pas de classe, parfois une pièce encombrée leur est allouée sans possibilité pour les enfants de s’asseoir, … Ces dysfonctionnements ont déjà été remontés à la DENC.

7°) L’enseignement de l’histoire est en cours de développement depuis cette année. A suivre. Caledonia, Témoignage d’un Passé ont déjà fait un beau travail. En attendant que l’enseignement de l’histoire du Pays soit finalisé, permettre la large diffusion des documentaires réalisés et par la même faire augmenter le temps attribué à la diffusion des films et documentaires dans les établissements scolaires (Pas assez important). Pourquoi, comme en Australie avec ABC Kids, en France avec Lumni, ne pas envisager une télévision scolaire spécifique au Pays, véritable support pédagogique ?

8°) Faire correspondre le calendrier scolaire au calendrier de l’igname, voilà également une piste intéressante et permettant l’inclusion. Cela permettrait également d’aménager les horaires quotidiens.

9°) En complément du service civique, les enfants pourraient partir à la découverte des associations et leur métier dès le primaire. Le bénévolat, la solidarité font partie intégrante de la vie des natifs. Les transposer dans les établissements scolaires donneraient de la légitimité à ces spécificités culturelles locales.

https://denc.gouv.nc/textes-de-reference/reforme-de-lenseignement-du-premier-degre-2021

photo ©Gaël Detcheverry / NC la 1ere

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