Simanë Wenethem, entre tradition et modernité

Du hip hop à la coutume, de Nouméa à Lifou, Simanë Wenethem est petit chef et artiste. Il évolue depuis son enfance entre tradition et modernité et représente la société Kanak tel que l’avait prophétisée Jean-Marie Tjibaou.

« Je suis un petit passionné de la danse, dans toutes ces facettes, et de slam. J’aime appendre que ce soit sur moi ou sur les autres … la vie en générale. »

Simanë Wenethem est né le 23 février 1988 à Lifou, une des îles loyauté de Nouvelle-Calédonie. Son frère jumeau Jacques est handicapé de naissance.

Sa famille quitte Lifou en 1993. Il a alors 5 ans et vit cela comme un véritable choc culturel. Le français n’est pas sa langue maternelle et il ne parle que le Lifou. Il grandit à Rivière Salée un des quartiers les plus difficiles de Nouméa où la violence se vit au quotidien.

Il fait ses premiers saltos et back flip avec les grands frères de l’association Yanness, précurseurs du new style en Nouvelle-Calédonie, dont son grand frère fait partie. Puis il s’initie au slam avec Paul Wamo, slameur kanak. Il découvre alors un outil pédagogique qui lui permet aujourd’hui d’expliquer et transmettre sa culture.

Un de ses cousins, Yann Hnautra, pratique l’art du déplacement, le Yamakasi. Il est d‘ailleurs l’un des fondateurs des Yamakasi de Kalenaky et est considéré comme le plus puriste d’entre eux.

Artiste à multiples facettes, comme beaucoup de jeunes artistes Kanak, Simanë Wenethem, cumule les cordes de slameur, danseur et acteur à son arc d’infatigable passeur de culture et s’autorise toutes les expressions. Il joue merveilleusement bien avec la langue française et sait faire ressortir dans ses textes toute la spiritualité de la culture Kanak.

Que ce soit par la danse, le théâtre ou le slam, le jeune artiste cherche à transmettre les valeurs de la coutume pour montrer aux jeunes de son pays qu’une réappropriation de leur culture est possible. Destiné à hériter de la charge pesante de son père, petit-chef sur l’île de Lifou, il devra peut-être un jour faire un choix.

Il est aujourd’hui un acteur incontournable de la scène artistique calédonienne qui s’investit sans compter auprès de nombreuses associations du Pays et pourrait devenir aisément un des ambassadeurs de cette scène artistique dans le Monde.

Quelques grandes dates

2005-2008

Formation avec le chorégraphe Mic Guillaumes en vue de devenir formateur et intervenant auprès des jeunes.

2010

Création du spectacle JET2MOTS Handicapable (Danse hip-hop) en duo avec son jumeau en situation de handicap.

2015

Il participe à l’écriture de l’ouvrage « Petite anthologie du slam en Nouvelle-Calédonie », lauréat des Nickels de l’Initiative.

Participation à la Huitième Triennale d’art contemporain Asie-Pacifique au QAGOMA de Brisbane dans Yumi Dnis, avec le chorégraphie Richard Digoue, le vidéaste-plasticien Nicolas Molé et les artistes vanuatais Marcel Meltherorong et Tio Massing.

2016

Participation au TedX de Nouméa au cours duquel il propose une performance dansée et slamée autour du geste, aussi appelé “la coutume” par certains. Une réflexion sur la société calédonienne, la jeunesse, les apparences, la coutume, les chemins de vie.

2017

Pour les célébrations du 150e anniversaire du Canada, Simane Wenethem a été invité à se produire et a participé à la création collective L’Arbre de vie présentée en clôture du festival. Sa performance « Geste », sur le geste traditionnel kanak, mêlant danse et slam, est un retour aux mots et au slam, une discipline qui lui permet de toucher le plus grand nombre.

Il joue dans « Paroles de Thio » de Sylvain Lorgnier avec Marithé Siwéné et Erwan Botrel. Cette piède de théâtre donnera naissane au court métrage « Kolère ».

Sortie du documentaire « Danse Petit Chef Danse » réalisé et écrit par Eric Michel.

Réalisation du clip Chemin Kanak 2.0 par Ghuilem Chamboredon. Dans ce clip, Simanë revisite le mythe du premier homme Kanak, Tea Kanaké. Le film est primé au festival du cinéma de La Foa (Nouvelle-Calédonie) et lauréat du prix Outre-mer de l’Urban Film Festival 2017 à Paris. C’est là que le jeune artiste Kanak est repéré par Jamel Debouze.

2018

En 2018, Simanë est lauréat des aides à la création Musique de la Province Sud (NC) pour l’enregistrement de son premier album.

Il pose les premières bases avec le directeur artistique Mounir Kabbaj de l’agence parisienne Ginger Sounds invité en Nouvelle-Calédonie. Il collabore aussi avec Sacha Terrat, compositeur calédonien de musique électronique, pour son futur album.

2019

Simanë est invité par le réseau Musiques actuelles de Rochefort Océan pour poursuivre ses recherches lors d’une résidence de création avec l’artiste électro Eugène de Rastignac.

2020

Présentation de son nouveau clip « Lazare » à la 22ème édition du Festival de la Foa, réalisé par Christophe Martin et participation au prix du public.

Participation au Festival Endémix 2020 au Centre Culturel Tjibaou.

Langue universelle, la danse hip hop s’est solidement implantée en Nouvelle-Calédonie où des danseurs de multiples origines ont développé un style et une sensibilité bien à eux. Ils expriment  toute leur créativité lors de battles ou lors de représentations publiques quiattirent un public toujours plus large. La culture Kanak est aujourd’hui intimement liée à la culture Hip Hop en Nouvelle-Calédonie.

Sources : Librairie Calédolivres – Poemart -TedX Nouméa

Crédits photos : Ambre Boré

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