Le mot “métissage” sonne le glas du terme “réducteur”.
En effet, le métissage est une richesse que la Lumière a créé.
C’est une source de l’Amour que le Divin alimente chaque jour.
J’aime à dire que le métis fait l’équilibre dans son “panier”.
Autrement dit, il n’a pas à CHOISIR car c’est le fruit de ces différentes origines.
Ces différences qui sont alors des opportunités, des portes et des challenges qui demandent de se dépasser chaque jour, de se questionner sur sa place dans la société calédonienne et au sein de l’Humanité.
On assiste aujourd’hui à des “guerres d’origines” pour légitimer la présence des individus dans un lieu donné, en KNC on connait bien cela…
Dans tous les cas, le métissage renferme les filaments de ces unions pour qui les frontières n’existent pas.
Le rapport qu’à un individu avec son métissage dépend de plusieurs paramètres.
D’ailleurs, même au sein d’une même fratrie, ce rapport peut différer.
D’abord, je dirai que cela dépend en grande partie de la transmission au niveau des parents.
Le rôle du papa et de la maman dans l’acceptation du métissage est un enjeu dont ils n’ont pas forcément conscience. Bien que ce ne soit pas forcément un sujet de discussion au sein d’un couple, je pars du postulat que c’est un élément fondamental pour les enfants métis.
Ainsi, si les parents arrivent à transmettre l’amour de leurs gènes et familiarisent leurs enfants à leurs environnements respectifs, c’est sera plus facile pour leurs bébés de se sentir accepter par leur famille.
Le champ lexical de “l’acceptation” est un pilier central dans le métissage.
C’est comme un puzzle qu’on assemble, parfois tout au long d’une vie, dont certaines pièces sont à raviver.
Mais à quelle place mettre en nous tous ces fragments qui à l’origine sont tellement différents ?
En second lieu, je dirai que vivre son métissage en conscience dépend aussi de l’individu.
C’est à dire que c’est au métis de vivre ses peurs et ses failles nées de ses origines, lui seul décide de le faire.
Qui veut-il être ? Comment fait-il pour l’être ?
Car il a en lui plusieurs :
– Modes de pensés
– Histoires
– Fardeaux générationnels
– Us et coutume
Il n’y a pas de formule magique, la clé réside dans la connaissance de soi qui passe forcément par la connaissance de son métissage.
S’intéresser à ses racines ouvre des chemins vers le soi, car plus on connaît son panier, plus ce dernier aide à naviguer dans ce monde.
C’est au final être fière de son métissage dans tous les aspects, de le vivre, de l’exprimer et parfois de le dénoncer.
Le métissage n’est pas conforme au classement idéologique classique, ce n’est pas non plus un critère comme tant d’autres.
Il est synonyme de renouveau, de partage, d’échanges et de complexité.
Le métissage n’est pas forcément compris par tous et n’est pas toujours une expérience terrestre facile à vivre.
En dernier lieu, il me paraît important de parler de la place qu’à le métissage dans une société.
Je prends le cas de la KNC et mon expérience personnelle.
Il n’y a pas si longtemps que ça, dire qu’on était métis kanak était synonyme de honte, c’était parfois un sujet tabou dans une famille.
En étant adolescente, je suis passée par plusieurs phases, dans mon cas je ne ressentais pas de la honte mais plutôt de la colère car je ne voyais que les aspects négatifs sans réfléchir aux causes et paramètres à prendre en compte dans le comportement des individus.
Puis j’ai grandi, j’ai appris à m’apprendre, à analyser les stéréotypes, les “on dit”, les préjugés, les discours limitant et haineux, les témoignages et les façons de penser des gens.
Je n’ai jamais cherché à plaire à ma famille, j’ai pris ce que la vie me donnait et je ne me suis pas laissé intimider par les piques qui peuvent laisser perplexe.
En KNC, souvent la première chose qu’on vous demande c’est “Tu viens d’où ?”, je réponds souvent : “Pourquoi ?”.
Je ne me définis pas que par mon métissage mais je sais lui laisser sa part en moi agir.
Ainsi, mon métissage est une source dont je suis reconnaissante et qui m’aide à mieux accueillir l’autre.
Grâce à lui, j’ai appris à avoir une capacité d’adaptation à 100 % et à rebondir dans la vie en toutes circonstances.
Je puise en maman et papa pour me faire naître et renaître dans l’espace temps. Je continue encore à apprendre de mon métissage, je ne suis qu’un chemin parmi tant d’autres, mais c’est celui que j’ai choisi.
Dans mon panier je fais l’équilibre entre mes vieux du Vanuatu, de la Kanaky, de Tonga et de l’Allemagne.
Je réponds alors à l’appel de l’Esprit de la KNC pour faire triompher la justice spirituelle au nom de mes vieux de l’aire Drubea-Kapumë avec l’aide expérimentée de mes vieux du Pacifique et ce avec une touche d’innovation avec mon sang Allemand.
La KNC est un pays multicolore à l’image de son paysage et de ses ambitions.
J’ai confiance en elle car sont nés sur son sol tous ces métis qu’elle saura accompagner et investir en leurs potentiels.
Et toi, as-tu compris pourquoi es-tu métis et comment le vis-tu ?
Le 23/03/2025 Vallée du Génie








Mes 3% de présence Kanak sont une de mes racines les plus belles et que je chéris au quotidien car cela me permet de comprendre et le monde occidental et le monde des peuples premiers. Une richesse pour laquelle j’éprouve une grande gratitude.
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