Le rôle de la femme dans la culture Kanak

Le rôle de la femme dans la coutume Kanak est complémentaire de celui de l’homme. La femme représente le lien entre les clans en devenant l’épouse d’un homme, elle représente la vie, la descendance, le pilier.

Lien entre le monde des esprits et le monde des vivants

L’identité propre d’un clan et des entités (visibles et invisibles) qui le composent est fondée sur le rapport qui les lie à l’ancêtre-esprit et à son tertre. Les étapes de ce cycle sont la conception de l’enfant et la gestation (grossesse), dans le monde de l’obscurité ou domaine des ancêtres, puis la naissance ou irruption à la lumière du jour, synonyme de réincarnation, ensuite son adolescence, sa vie d’adulte et sa vieillesse avec le dépérissement du corps et la préparation de l’esprit à poursuivre le cycle continu de la vie.

Article 60 de la charte du peuple Kanak : « La femme est l’être sacré qui donne la vie. Une fille ou une femme a pour symbole végétal et naturel, le taro d’eau, le cocotier et l’eau. Elle est source de vie et de fertilité. Elle est la source de nouvelles alliances et le lien entre les clans et entre les générations. Elle est la valeur absolue pour la paix et la prospérité. »

Deux modes d’affiliation

Il y a deux modes d’affiliation au clan : l’alliance (mariage, adoption) et les liens de sang (naissance).

L’alliance obéit d’abord à des enjeux stratégiques, politiques et économiques au niveau des clans. On ne marie pas des individus mais on marie des clans. Les réseaux d’alliance font l’objet de palabres au sein du clan à l’issue desquels se définit une stratégie qui visera à renforcer des liens ou à en créer de nouveau.

Il y a ainsi une double circulation : les épouses partent vers les clans des maris (virilocalité), lesquels contractent une dette de vie à l’égard des oncles utérins. Cette dette est payée par le don d’enfant (souvent aux grands-parents utérins) en prenant la modalité d’une adoption plénière.

L’adoption peut également obéir à une logique de perpétuation du nom (adoption en faveur d’un couple stérile) ou à une logique de pardon (don d’un enfant pour réparer une offense).

Le mariage et les relations matrimoniales entre clans obéissent à des règles spécifiques, variables selon les régions (interdits et préférences, chemins matrimoniaux, ordre des mariages au sein d’un même « clan » (aînesse), etc.).

Si la mère donne le sang, c’est le père qui donne le nom. Avant l’établissement de l’état civil, l’individu héritait d’un nom de clan rattaché à un tertre et recevait un prénom rattaché au clan (nom d’un ascendant), la personne était ainsi enracinée dans sa terre et partageait le souffle d’un ancien.

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