Fille du grand-chef Këëwa Vêdëku francisé en Vendegou, elle est davantage connue sous son prénom chrétien Hortense. Figure incontournable dans l’histoire de Kwenyii, elle représente un symbole de courage, de force et d’émancipation pour les femmes.
Kanedjio Vendegou est née vers 1848 à Kwenyii.
Le 27 septembre 1853, elle est aux côtés de son père lorsque celui-ci se rallie à la France et signe l’acte certifiant la prise de possession de l’île par l’amiral Febvrier-Despointes. Son père meurt sans héritier mâle en 1855 et, nomme peu avant son décès, deux régents, des cousins de Kanedjo, Ti Jérôme chargés des affaires générales et, Ti Philippo, de la protection des missionnaires puisque Kanedjo est trop jeune pour régner.
Elle est alors confiée au père Goujon, missionnaire catholique, qui assure l’évangélisation des Kunié jusqu’en 1864, et elle est instruite par sœur Marie de la Croix, première religieuse sur l’île, qui lui apprend à lire et écrire le français. A cette période, elle se fait baptiser et prend le nom d’« Hortense » (peut-être en hommage à la mère de Napoléon III). Suivant une éducation religieuse stricte, Hortense est une excellent élève, et elle est la première femme mélanésienne à savoir lire et écrire le français.
En 1870, Hortense épouse son cousin, Samuel Kwaneye Vendegou, le plus jeune fils de l’ancien régent Wacumè, avec lequel elle est fiancée depuis l’âge de sept ans. La même année, malgré eux, ils accueillent près d’un millier de Maréens exilés afin d’éviter les affrontements religieux sur leur île.
En 1872, Kwenyii est désignée comme lieu de déportation et le gouvernement décide de transférer toute la population de l’île sur la Grande-Terre. La Reine Hortense proteste vivement contre cette décision du gouverneur de la Richerie qui lui accorde après maintes transactions de demeurer sur son île et de la partager en deux : la côte ouest est affectée à la déportation puis le reste du territoire et le centre de Vao sont conservés par les autochtones.
Samuel meurt en 1882 laissant Hortense sans descendance. Elle renonce à la chefferie le 23 avril 1883 et remet les pleins pouvoirs entre les mains de son oncle, Abel, cousin germain de son père. Elle prend sa retraite à la mission de Saint-Louis et meurt le 8 octobre 1900.
Elle repose désormais à Vao.


Pour visionner un reportage sur l’histoire de Kanedjio sur la chaine YouTube de Caledonia, cliquer sur l’image :
La grotte
Au coeur de la tribu de Touété, la grotte d’Oumagne a été rendue célèbre grâce à une légende. Ce lieu aurait, dit-on, servi de refuge à Kanedjio lors de certains conflits entre les tribus, ses proches craignant pour sa sécurité. Ce lieu est symbolique pour les Kunié où ils ont érigé un petit temple à la mémoire de la Reine que l’on peut voir à l’intérieur de la grotte.


Sources : le cri du cagou – Caledonia TV – association In Memoriam – Page Facebook Passionnément Calédoniens (Texte de Jessica Wamytan)- Visite de la grotte https://www.nouvellecaledonie.travel/destination/les-iles/grotte-de-la-reine-hortense/
Photos : Patrick O’reilly, NC documents iconographiques anciens 1959 – APK
Pour aller plus loin :
Une lettre inédite d’Hortense Vendegou, reine de l’île des Pins, et l’œuvre linguistique du P. Goujon https://www.persee.fr/doc/jso_0300-953x_1969_num_25_25_2273












