« J’étais déjà là,
Je suis toujours là,
Et je serai encore là », dit Wahnahnada, l’être habité.
Sur l’ile de Nengone, un bernard-l’hermite (Wahnahnada) défie un oiseau de mer (Wadee) de faire le tour de l’île.
L’un est rapide,
L’autre est lent.
Mais le bernard-l’hermite connait une autre force :
Le LIEN.
A chaque passage de l’oiseau, un frère sort de sa coquille et crie :
« Je suis déjà là ! ».
L’oiseau accélère.
Il s’épuise.
Et à l’arrivée, le bernard-l’hermite l’attend.
Victoire de la ruse,
Victoire du collectif,
Victoire du vivant.
Ces récits sont souvent appelés des contes.
Mais ils sont aussi des formes de connaissances, comme des savoirs codés dans la narration.
Les peuples racines savent que la connaissance ne se transmet pas seulement par des concepts. Elle se transmet aussi par des histoires.
Brise salée sur la lagune,
Mille coquilles dansent le pilou,
Et une île s’éveille pour la nouvelle igname…
Nous ne manquons pas de sens,
Nous manquons de récits capables de le porter…
La vérité n’est pas dans l’accélération du progrès technologique,
Elle est dans le lien qui permet d’avancer ensemble lentement avec le vivant.
Peut-être faut-il réapprendre autrement,
Nos contes ne sont pas seulement de la littérature orale,
Ce sont des sciences racontées autrement.
Do kamo, je suis le citoyen du temps long !
Je suis l’homme de la mue lente,
Je suis l’être habité par ses saisons intérieures,
Je suis le Nidi ngome,
Je suis le Nyipi atr,
Je suis l’HOMME qui devient,
Et qui a besoin de temps,
De sens,
De lien.
Oreon,
(Cf. « Wahnahnada ne Wadee », tiré de l’ouvrage Toatiti de Haewegene Jacques et Cawa Raymond, CDP NC, 2000).








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