C’est quoi le patriarcat ?

La pause décoloniale est une émission diffusée sur Radio Djiido puis podcastée. Les femmes du pays Kanaky Nouvelle-Calédonie et d’ailleurs y parlent de décolonisation et d’émancipation. Cette 5ème édition ouvre le premier volet d’une série consacrée au patriarcat. Vaste sujet complexe qui émerge depuis peu dans le débat public local alors qu’il était jusque-là cantonné à la sphère de la recherche socio anthropologique.

Pourquoi parler du patriarcat ?

En Kanaky/Nouvelle-Calédonie, les femmes Kanak sont les plus touchées par les violences. Le patriarcat est une des pistes de réflexion à explorer pour comprendre ces violences.

Parler du patriarcat c’est :

– tenter de comprendre les mécanismes qui ont placé les femmes dans une position de subordination, de soumission, une place inférieure normalisée au point où l’on s’entend dire « ça a toujours été comme ça ! » ;

– dans un processus de décolonisation, c’est engager une réflexion sur un modèle d’organisation qui entretient de manière générale les inégalités et les violences qui minent nos sociétés. Le Sénat coutumier a donné le « LA » en lançant dans ce sens des travaux fin 2021 ;

– poser un regard critique sur notre société pour ne pas perpétuer les mêmes erreurs dans une Kanaky/Nouvelle-Calédonie plus égalitaire où chacun a sa place.

1ère partie : Définir le patriarcat avec Laurie HUMUNI et Sarah LUEPACK (00’03’41 à 00’18’42)

1 – Interview de Laurie HUMUNI

Agée d’une trentaine d’années, militante indépendantiste, secrétaire générale du Rassemblement démocratique océanien (RDO), conseillère municipale de la liste indépendantiste « UNITE PAYS » à la mairie de Nouméa, présidente du conseil d’administration de l’Académie des Langues Kanak (ALK) et conseillère au gouvernement au sein du cabinet politique de Monsieur Mickaël FORREST, Laurie définit le patriarcat comme système qui met les hommes à la tête de tout, au niveau familial, au niveau des institutions. C’est une façon de vivre où femmes et hommes intègrent que la prise de responsabilités et de décisions est du ressort des hommes. Une acceptation commune hérité d’antan que l’on reproduit au fil des époques. L’organisation de son quotidien est rythmée par la gestion de sa vie professionnelle et militante bien chargée et la gestion de sa vie familiale, une double charge qui, elle le souligne, s’allège par le partage des tâches, l’équilibre qu’elle et son époux ont trouvé Cette prise de conscience maintenant est courante chez les hommes qui, de plus en plus, renversent les codes du patriarcat en s’impliquant davantage dans la gestion du foyer.

2- Interview de Sarah LUEPACK

Agée d’une trentaine d’années, professeure d’anglais, Sarah définit le patriarcat comme la hiérarchisation des genres où les hommes prennent des décisions et les femmes suivent. Tous les domaines sont concernés, au sein de la cellule familiale, dans la sphère privée donc, et aussi au sein de la sphère publique, au niveau des institutions. Là encore, les codes du patriarcat sont intégrés et sont transmis par l’éducation, si bien qu’il soit difficile de les identifier. Sarah parle d’ailleurs de s’éduquer à diagnostiquer les signes du patriarcat pour mieux les combattre. Dans la lutte pour l’égalité des droits, chaque réussite extraordinaire d’une femme doit être mise en valeur, un indicateur sur les difficultés qu’une femme doit surmonter pour accéder à des postes à responsabilités.

2ème partie : « La lecture d’Anaïs », chronique littéraire avec la présentation de l’œuvre de Bell HOOKS, « La volonté de changer, les hommes, la masculinité et l’amour » (00’18’44 à 00’31’14)

Laurie et Sarah ont toutes deux souligné un point fondamental : la responsabilité des hommes, leur rôle dans le renversement des codes, dans le changement de la vision patriarcale de la société. Si les codes patriarcaux d’une manière visible oppressent indéniablement les femmes, ils affectent également les hommes.

C’est en tout cas, une des idées que développe Bell HOOKS dans son œuvre « la volonté de changer, les hommes, la masculinité et l’amour ». Et c’est Anaïs DUONG PEDICA qui nous en parle dans sa chronique littéraire « lecture d’Anais ».

Une belle découverte littéraire, qui une fois de plus nous conduit à sortir de notre cadre de pensée en explorant les théories développées par d’autres femmes racisées hors de notre région pacifique. L’Amour est et demeure le moteur dont le pouvoir surpasse toute forme d’assujettissement.

Copyright La Pause Décoloniale - Article L. 111-1 du code de la propriété intellectuelle (CPI) : l’auteur d’une œuvre de l’esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création, d’un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous. Ce droit comporte des attributs d’ordre intellectuel et moral ainsi que des attributs d’ordre patrimonial.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :